Juin 1988 — le test « Consumer Reports » qui a brisé les ventes américaines de la Samurai
Cette fiche documente les faits matériels de la controverse de 1988 telle qu'établie par les sources consultées (article Wikipédia dédié à l'affaire judiciaire qui en a découlé, communiqué conjoint des deux parties publié en 2010 par Consumer Reports, et rétrospectives de presse). Le procès qui a suivi fait l'objet d'une fiche séparée : Le procès Suzuki contre Consumers Union (1996-2010) — une conclusion sans vainqueur clair.
Le test et son résultat
En juin 1988, le magazine Consumer Reports (CR), publié par l'organisation à but non lucratif Consumers Union (CU), soumet la Suzuki Samurai à son protocole maison de test d'évitement d'urgence à basse vitesse, le « Consumer Union Short Course Double Lane Change » (CUSC) — une manœuvre censée reproduire une situation de swerve brutal, par exemple pour éviter un obstacle en sortant d'une allée ou d'une rue transversale. CR conclut que la Samurai présentait, dans ce test précis, un risque de retournement (tipover) jugé inacceptable, et lui attribue la mention « not acceptable » — la note la plus sévère de son échelle. Selon Consumer Reports elle-même (communiqué conjoint de 2010), le comportement observé impliquait le véhicule basculant sur des stabilisateurs latéraux de sécurité (« outriggers ») lors du test filmé, diffusé publiquement, à une vitesse d'environ 64 km/h (40 mph) selon une source (moneydigest.com, non recoupée précisément sur ce chiffre par une autre source consultée).
Le contexte du test, selon les deux parties
Plusieurs éléments de contexte, documentés par l'article Wikipédia consacré au procès qui a suivi, nuancent la présentation brute du résultat :
- selon cet article, l'équipe de CU aurait initialement rencontré un retournement non intentionnel d'une Samurai lors d'essais préalables, impliquant un membre de son personnel ; le test filmé et médiatisé aurait ensuite cherché à reproduire délibérément ce comportement, en modifiant le parcours standard du CUSC par rapport à celui utilisé habituellement pour d'autres véhicules ;
- toujours selon cette même source, des conducteurs expérimentés n'auraient pas obtenu de retournement sur le parcours standard non modifié ;
- Suzuki a affirmé, par la voix du cabinet d'expertise qu'elle a mandaté (Failure Analysis Associates, aujourd'hui Exponent), que d'autres facteurs — type de pneumatiques, comportement du conducteur d'essai — pouvaient avoir contribué au résultat, et a explicitement accusé CU d'avoir orienté son protocole pour obtenir le résultat recherché ;
- CU, de son côté, a toujours maintenu la validité de son protocole et de ses conclusions, y compris dans le communiqué conjoint de 2010 mettant fin au procès (voir Le procès Suzuki contre Consumers Union (1996-2010) — une conclusion sans vainqueur clair).
La formule contestée : « easily rolls over in turns »
Le cœur du différend porte sur une formulation précise de CR, reprise par la presse de l'époque (notamment un article du New York Times du 3 juin 1988 cité par Wikipédia) : la Samurai « se retourne facilement dans les virages » (easily rolls over in turns). Selon le communiqué conjoint de 2010 publié par Consumer Reports elle-même, cette formule visait spécifiquement le comportement du véhicule dans les virages serrés du test d'évitement d'urgence, et non un risque généralisé de retournement en conduite ordinaire — une nuance que l'emploi de l'adverbe « facilement » a, de l'aveu même de CU, pu laisser mal comprendre au grand public. Consumer Reports précise également, dans ce même communiqué, n'avoir jamais mis en cause la sécurité d'aucun autre modèle Suzuki testé par ailleurs (la marque ayant au contraire salué la Suzuki Sidekick et recommandé la Vitara/XL7).
L'effondrement des ventes
Les conséquences commerciales sont immédiates et sévères. Selon une rétrospective de la presse spécialisée américaine (Automotive News, citée par moneydigest.com), les ventes américaines de la Samurai chutent de 72 000 exemplaires l'année précédente à environ 2 000 l'année suivant la publication du test — un effondrement de l'ordre de 70 % évoqué par plusieurs sources convergentes. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l'agence fédérale de sécurité routière américaine, n'a pour sa part jamais ordonné de rappel du véhicule. Suzuki maintient la Samurai au catalogue américain jusqu'en 1995, année de son retrait définitif du marché nord-américain, remplacée dès 1989 par le Suzuki Sidekick.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Trente ans après la Samurai — le bulletin de sécurité mitigé du Jimny moderneSuzuki Jimny · Sécurité controverse samurai
- 1985-1988 — l'ascension fulgurante de la Samurai aux États-UnisSuzuki Jimny · Sécurité controverse samurai
- Le procès Suzuki contre Consumers Union (1996-2010) — une conclusion sans vainqueur clairSuzuki Jimny · Sécurité controverse samurai
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- Du fruit défendu au « bibelot culte » — le potentiel de collection du Jimny outre-AtlantiqueSuzuki Jimny