Le Rennkollektiv d'Eisenach et l'unique Grand Prix de F1 d'une écurie est-allemande (1953)
Avant même la naissance du Wartburg, Eisenach a été, le temps de quelques années, le théâtre d'une aventure sportive automobile unique dans l'histoire : la seule participation d'une écurie est-allemande à une course du championnat du monde de Formule 1.
Une tradition héritée de la BMW 328
La tradition sportive de l'usine d'Eisenach remonte à la BMW 328, voiture de sport devenue l'une des plus titrées d'Europe à la fin des années 1930 (voir BMW à Eisenach (1928-1945) — l'âge d'or oublié avant la partition). Dès 1947, alors que l'usine reconstruit son activité sous administration soviétique, les ingénieurs relancent une activité de course : le développement de la BMW 340 produit, sous la direction de l'ingénieur en chef Gustaf Apel, un prototype roadster (BMW 340-1) et une voiture de sport (BMW 340-S) dès 1949, ainsi que des modèles spécifiquement dédiés à la compétition, la BMW S1 aérodynamique et la monoplace 2 litres BMW-Intertyp. Cette première aventure sportive s'arrête en 1950 quand Apel quitte l'usine.
Le transfert du collectif de course d'État à Eisenach
Après la saison 1952, le Staatliches Rennkollektiv (« collectif de course d'État »), fondé en 1951 à Berlin-Johannisthal et qui venait de remporter une victoire à l'AVUS de Berlin avec des véhicules dérivés de la BMW 328, est transféré à l'usine de moteurs d'Eisenach. Rebaptisé EMW-Rennkollektiv, il construit à partir de 1954 huit voitures de sport-course AWE de 1,5 litre de cylindrée, engagées avec succès en compétition entre 1954 et 1956.
Un record du monde et une participation historique en Formule 1
Les pilotes Edgar Barth et Paul Thiel obtiennent des résultats remarqués au volant de ces voitures, notamment lors de l'Eifelrennen de 1955 au Nürburgring et en Formule 2, tandis qu'Arthur Rosenhammer établit un record du monde de vitesse sur 10 miles avec une moyenne de 229,5 km/h. Mais le fait le plus marquant reste la participation au Grand Prix d'Allemagne 1953, disputé au Nürburgring et comptant pour le championnat du monde de Formule 1 : il s'agit là de la seule et unique participation d'une écurie est-allemande à une épreuve du championnat du monde de Formule 1 de toute son histoire.
La fin de la course, le début du rallye
En avril 1957, une décision d'État interrompt brutalement la construction de voitures de course et dissout le Rennkollektiv — le sport automobile de haut niveau étant jugé incompatible avec les priorités économiques du Plan. Les spécialistes ainsi libérés rejoignent le service développement et essais de l'AWE, d'où naît le service rallye de l'AWE, actif jusqu'en 1991 et qui engagera plus tard le Wartburg 353 en rallye (voir Le Wartburg en rallye — de Monte-Carlo 1973 au 353 WR Groupe B) — la compétition officielle de l'usine se recentrant désormais exclusivement sur des véhicules de série plutôt que sur des prototypes de course dédiés.
Voir aussi
- Site source
- Wikipédia (allemand)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- BMW à Eisenach (1928-1945) — l'âge d'or oublié avant la partitionWartburg (VEB Automobilwerk Eisenach, RDA) · Histoire et modèles
- Le Wartburg en rallye — de Monte-Carlo 1973 au 353 WR Groupe BWartburg (VEB Automobilwerk Eisenach, RDA) · Compétition
- Le Melkus RS 1000 — la voiture de sport est-allemande construite sur base WartburgWartburg (VEB Automobilwerk Eisenach, RDA) · Compétition
- Le Melkus RS 1000 — la voiture de sport est-allemande construite sur base WartburgWartburg (VEB Automobilwerk Eisenach, RDA)
- Le Wartburg en rallye — de Monte-Carlo 1973 au 353 WR Groupe BWartburg (VEB Automobilwerk Eisenach, RDA)
- BMW à Eisenach (1928-1945) — l'âge d'or oublié avant la partitionWartburg (VEB Automobilwerk Eisenach, RDA)