Johnny Allen et le « Texas Cee-Gar » — le record de 1956 et sa reconnaissance contestée par la FIM
1955 : un premier record non homologué
En septembre 1955, le pilote texan Johnny Allen pilote un engin profilé (« streamliner ») surnommé le « Devil's Arrow », propulsé par un moteur Triumph Tiger T110 de 650 cm³, et atteint une vitesse de l'ordre de 193 mph (environ 311 km/h) sur le lac salé de Bonneville (voir Le lac salé de Bonneville, dans l'Utah — le lieu qui a donné son nom à la moto). Ce résultat n'est initialement pas homologué selon les règles internationales en vigueur.
1956 : le record officiel de 214,40 mph, rebaptisé « Texas Cee-Gar »
Après que l'équipe allemande NSU, alors premier constructeur moto mondial, revendique un temps le record de vitesse moto, Allen revient sur le lac salé avec le même engin repeint, désormais surnommé le « Texas Cee-Gar », et établit le 6 septembre 1956 un nouveau record absolu de vitesse moto à 214,40 mph (environ 345 km/h), sous l'observation d'officiels de l'AMA (American Motorcyclist Association) et de la FIM (Fédération Internationale de Motocyclisme). Le record, obtenu avec un budget « famélique » et un moteur essentiellement de série selon les rétrospectives consultées, tiendra six années durant face aux tentatives rivales.
Un contentieux ouvert avec la FIM
Malgré la présence d'observateurs FIM lors de la tentative de 1956, la fédération internationale refuse finalement d'homologuer le record, invoquant une question technique liée à la méthode de chronométrage utilisée. Le record reste en revanche pleinement reconnu par l'AMA, l'instance américaine. Triumph conteste cette décision devant la FIM dès 1957, sans succès. Le différend s'envenime au point que la FIM prononce en 1960 une interdiction de deux ans visant Triumph dans les compétitions sous sanction FIM — une sanction dont la sévérité, rapportée à l'enjeu initial (une question de méthode de chronométrage plutôt qu'une fraude avérée), illustre la vivacité du contentieux entre le constructeur et la fédération internationale à cette période.
1962 : un record FIM paradoxal en pleine interdiction Triumph
Situation ironique documentée par plusieurs sources spécialisées : en 1962, alors que l'interdiction FIM visant Triumph est toujours en vigueur, le pilote Bill Johnson établit un nouveau record homologué par la FIM à 224,57 mph, sur un engin propulsé... par un moteur Triumph. Ce record FIM reste la référence officielle de la fédération jusqu'en 1975, alors même qu'un autre engin à moteur Triumph, le Gyronaut X-1 piloté par Bob Leppan, atteint 245,67 mph dès 1966 sous les règles de l'AMA — deux référentiels de records qui coexistent alors sans se recouper, illustrant la fracture persistante entre les deux instances sur la reconnaissance des performances établies à Bonneville.
Un hommage qui donne son nom à la moto de série
C'est en l'honneur de l'équipe du Texas Cee-Gar que Triumph baptise sa nouvelle moto de série « Bonneville » en 1959 (voir La genèse de la Triumph Bonneville T120 (1958-1959) — un pari qu'Edward Turner jugeait ruineux) — le nom consacrant, dans la mémoire commerciale de la marque, le record AMA de 1956 plutôt que la version finalement reconnue par la FIM.
Voir aussi
- Site source
- ultimatemotorcycling.com
- Date d'extraction
- 16 sept. 2026
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