Coupé et Cabriolet Isabella — le travail des carrossiers Deutsch et Autenrieth
Transformer une berline monocoque en cabriolet ou en coupé de prestige n'a rien d'une opération anodine : sur l'Isabella, cette tâche est confiée à des carrossiers extérieurs spécialisés, dont le travail explique en grande partie l'écart de prix — et de rareté actuelle — entre ces versions et la berline de série.
Le défi structurel du cabriolet
Le cabriolet Isabella, lancé en 1955, est fabriqué par l'atelier Karl Deutsch, installé à Cologne. Le défi technique n'est pas mince : convertir une caisse monocoque conçue à l'origine sans toit porteur nécessite d'importants renforts de structure pour compenser la perte de rigidité liée à la suppression du pavillon — un problème que ne connaissaient pas les cabriolets construits, comme c'était encore courant à l'époque, sur un châssis séparé. Ce surcroît de travail industriel explique le tarif nettement plus élevé du cabriolet par rapport à la berline.
Le Coupé : une voiture différente sous une même identité de marque
Le Coupé, lancé en série en février 1957 (voir La genèse et le lancement de l'Isabella (juin 1954) pour le contexte de sa genèse comme cadeau personnel de Carl Borgward à son épouse), pousse la logique de différenciation plus loin encore : il ne partage aucun panneau de carrosserie, et pas même sa plateforme, avec la berline dont il dérive pourtant commercialement. Curbside Classic avance même, sans le confirmer formellement, que ce développement coûteux aurait été motivé par la volonté de dissuader Elisabeth Borgward de céder à la tentation d'acheter... une Volkswagen Karmann-Ghia — une anecdote plausible compte tenu du tempérament de Carl Borgward, mais qui reste au registre de la légende d'entreprise plutôt que du fait établi.
À partir de 1958-1959, le Coupé peut recevoir de petits ailerons arrière, dans l'air du temps stylistique de la fin des années 1950, ainsi qu'une malle arrière allongée et des feux redessinés. Un cabriolet deux places dérivé du Coupé est proposé, en petites séries, par Karl Deutsch mais aussi par un second carrossier, Autenrieth — des versions coûteuses, réservées à une clientèle aisée, mais qui ne rencontrent, selon les commentateurs de l'époque, guère de concurrence directe sur le marché allemand : les coupés Mercedes-Benz contemporains sont sensiblement plus chers, tandis que ni Ford ni Opel ne proposent alors d'équivalent dans ce registre.
Voir aussi
- Site source
- curbsideclassic.com (+ recoupements en.wikipedia.org, wkgeschichte.weser-kurier.de)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026