Les boîtes manuelles de la 300 — du 3-rapports Dodge confidentiel au Pont-à-Mousson français mal-aimé
Une option marginale, réservée de fait aux compétiteurs
Bien que la quasi-totalité des 300 aient quitté l'usine avec une boîte automatique, une boîte manuelle a presque toujours figuré au catalogue en option — sans jamais représenter plus qu'une poignée d'exemplaires par millésime. Sur la 300B de 1956, il s'agit d'une boîte trois rapports fournie par Dodge, moyennant 70 $ de supplément et un embrayage renforcé ; seuls une trentaine d'exemplaires environ en seront équipés, pour l'essentiel destinés à la compétition. Sur la 300C de 1957, la boîte manuelle trois rapports n'est même proposée qu'en association exclusive avec le moteur optionnel à 390 ch (18 exemplaires au total) — dépourvue de toute assistance de direction ou de freinage, cette combinaison s'adressait à une clientèle de puristes assumés plutôt qu'à l'acheteur type de la voiture.
L'aventure éphémère et compliquée du Pont-à-Mousson
L'épisode le plus singulier de cette histoire concerne la boîte manuelle quatre rapports synchronisée fournie, pour le seul millésime 1960 (300F), par le constructeur français Pont-à-Mousson — une entreprise déjà fournisseur de boîtes de vitesses pour les Facel Vega françaises à moteur Chrysler, ce qui explique le choix de ce partenaire pour une application américaine à hautes performances. Réservée à la version « short ram » à 400 ch (voir L'admission « Cross-Ram » des 300F/300G — un effet de suralimentation sans compresseur), cette boîte pose d'emblée un problème pratique documenté par l'ingénieur Burton Bouwkamp lui-même : elle ne rentre tout simplement pas dans le plancher existant de la 300F. Il faut découper une ouverture dans le plancher de la caisse et concevoir un renfort et un cache spécifiques, fabriqués et installés manuellement dans le garage d'ingénierie de l'usine Chrysler Jefferson, une fois chaque voiture déjà sortie de la chaîne de montage normale. Seuls une quinzaine d'exemplaires « short ram » avec cette boîte auraient été produits selon Allpar, dont quatre subsisteraient aujourd'hui à la connaissance des collectionneurs, dont un cabriolet et un exemplaire climatisé. Pont-à-Mousson, qui recherchait des volumes plus importants que ceux offerts par ce contrat, choisira de ne pas reconduire sa collaboration avec Chrysler au-delà de ce seul millésime.
Le retour à une solution interne dès 1961
Dès la 300G de 1961, la boîte manuelle française disparaît, remplacée par une boîte manuelle trois rapports robuste développée en interne par Chrysler (référencée « option code 281 ») — une solution nettement plus simple à intégrer, bien qu'un peu moins sophistiquée dans son rapport de démultiplication que le quatre rapports français qu'elle remplace. Une boîte manuelle quatre rapports, cette fois dotée d'une timonerie Hurst, refait son apparition en toute fin de lignée sur la 300L de 1965, proposée sans supplément de prix face à la TorqueFlite automatique — l'un des tout derniers clins d'œil de la lignée à sa vocation originelle de « voiture de conducteur ».
Voir aussi
- 1960 — la 300F, coque autoporteuse, admission « Cross-Ram » et razzia à Daytona
- L'admission « Cross-Ram » des 300F/300G — un effet de suralimentation sans compresseur
- De la PowerFlite à la TorqueFlite — l'histoire des boîtes automatiques et des boutons-poussoir de la 300
- 1965 — la 300L, onzième et dernier modèle de la série à lettre
- Site source
- allpar.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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