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§ 01 · Histoire et modèles

1965 — la 300L, onzième et dernier modèle de la série à lettre

Chrysler 300 (letter series) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le style Engel définitivement installé

La 300L reçoit, comme l'ensemble de la gamme Chrysler 1965, une carrosserie entièrement redessinée aux lignes tendues, aux flancs plats et à l'habitacle plus haut et plus vertical, signature du style désormais pleinement affirmé d'Elwood Engel — un dessin dont Allpar note qu'il reprend les lignes carrées de l'Imperial 1964. Le pare-brise panoramique, en usage depuis 1957, est abandonné au profit d'un pare-brise plat plus conventionnel. La voiture gagne environ 5 cm en empattement et 7,5 cm en longueur totale par rapport à la 300K. Le moteur « Cross-Ram » à 390 ch disparaît définitivement du catalogue : seul subsiste un V8 413 ci à carburateur simple quadruple-corps de 360 ch, identique en puissance à celui de la 300K de l'année précédente. La boîte manuelle quatre rapports, désormais équipée d'une timonerie Hurst, devient une option sans supplément de prix face à la TorqueFlite trois rapports toujours proposée de série.

Une voiture à lettre presque indiscernable de la version courante

Le paradoxe déjà amorcé en 1964 atteint son point culminant avec la 300L : à peu près tous les équipements qui la distinguent techniquement pouvaient être commandés en option sur la 300 Sport Series ordinaire, la différence se limitant essentiellement à une ornementation propre (médaillons ronds « 300L » sur la calandre et entre les feux arrière, moulure de custode peinte en rouge). Selon le chercheur David George Briant du club Walter P. Chrysler, cité par Allpar, Robert Rodger lui-même — le concepteur originel du projet dix ans plus tôt — aurait exprimé publiquement son désaccord avec les réductions de puissance et l'assouplissement de la suspension de la 300L, qui la rapprochaient trop, à ses yeux, de la gamme grand public. Testée par le magazine Motor Trend, une 300L à boîte TorqueFlite réalise le 0 à 60 mph en 8,8 secondes et le quart de mile en 17,3 secondes à 82 mph — des performances honorables mais nettement en retrait de celles de la 300J de 1963.

La fin annoncée de la série, sans rupture brutale

Avec l'arrivée en 1965-1966 de la plateforme Chrysler B (Dodge Coronet, Plymouth Satellite) qui reprend le flambeau de la voiture de performance intermédiaire chez le groupe, la direction de Chrysler décide de ne pas reconduire la convention de nommage par lettre au-delà de 1965. La production s'établit à 2 845 exemplaires (2 405 coupés et 440 cabriolets), un chiffre sur lequel les trois sources consultées convergent exactement. Il ne s'agit toutefois pas d'un arrêt sec de la marque « 300 » elle-même : la gamme Sport Series sans lettre, déjà existante depuis 1962, continue seule de porter le nom pendant plusieurs années — voir La 300 « sans lettre » (1962-1979) — comment le nom a survécu à sa propre exclusivité. Un projet de 300M pour 1966, un temps envisagé avec le renfort inattendu du tout nouveau V8 Hemi 426 ci, sera étudié puis définitivement abandonné : voir Le projet avorté d'un 300M pour 1966 — quand la lignée à lettre a failli retrouver un Hemi, qui referme, avec une pointe d'ironie historique, la boucle ouverte par le tout premier moteur Hemi de 1951.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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