De la PowerFlite à la TorqueFlite — l'histoire des boîtes automatiques et des boutons-poussoir de la 300
La PowerFlite, toute nouvelle boîte intégrale à deux rapports
La toute première C-300 de 1955 est équipée en série d'une version renforcée de la PowerFlite, la première boîte automatique réellement intégrale de Chrysler (deux rapports), introduite cette même année sur l'ensemble de la gamme et venue remplacer l'ancienne transmission semi-automatique Fluid Drive/M-6 en usage depuis la fin des années 1930 — un retard technologique sur la Hydra-Matic de General Motors que la direction de Chrysler, sous l'influence conservatrice de K.T. Keller, avait longtemps assumé délibérément (voir Chrysler avant la 300 — le conservatisme de K.T. Keller et l'urgence d'un choc d'image (1949-1954)). Sur la 300 de 1955, la commande de la PowerFlite s'effectue via un levier en forme de baguette monté sur la planche de bord, suggéré par le styliste Cliff Voss — une solution jugée peu sûre en cas de choc et abandonnée dès l'année suivante.
L'arrivée des boutons-poussoir en 1956
Dès 1956, sur la 300B, Chrysler généralise à toute sa gamme une innovation qui deviendra une signature durable de la marque : la commande de boîte automatique par boutons-poussoir, installés sur la planche de bord à gauche du volant. Contrairement au système électrique concurrent de Packard, jugé peu fiable, le mécanisme Chrysler est purement mécanique : chaque bouton actionne un câble dont la longueur effective détermine le rapport engagé, exactement comme le ferait un levier classique. Selon le témoignage du styliste Harold Pilkey (alors responsable du studio Plymouth), l'idée serait née d'une rencontre fortuite avec une Ford équipée d'un prototype de système à boutons-poussoir, plus tard effectivement commercialisé chez Mercury et Edsel — mais c'est la version Chrysler, nettement plus fiable, qui survivra le plus longtemps sur le marché américain, en usage jusqu'en 1964.
La TorqueFlite, boîte trois rapports à train Simpson
C'est également en 1956, en cours de millésime, qu'apparaît en option la boîte automatique trois rapports TorqueFlite (référence interne A-488), qui viendra progressivement remplacer la PowerFlite deux rapports sur l'ensemble de la gamme haut de gamme Chrysler. Fondée sur des brevets concédés sous licence par l'inventeur Howard W. Simpson, la TorqueFlite utilise deux trains planétaires partageant un même pignon solaire — une architecture compacte (le fameux « train Simpson ») qui permet d'ajouter un rapport supplémentaire sans alourdir excessivement l'ensemble par rapport à la PowerFlite. Son premier rapport, plus court (2,45:1, combiné à un convertisseur de couple au taux de blocage de 2,3:1), améliore nettement les reprises à basse vitesse, tandis que le deuxième rapport (1,45:1) offre un intermédiaire de rétrogradage bien plus utile à la conduite courante. Elle deviendra la boîte automatique standard de toute la lignée à lettre à partir de 1957, reconduite sans changement majeur de principe jusqu'à la 300L de 1965.
La fin des boutons-poussoir et le passage à la console
Le tableau de bord « AstraDome » de la 300F (1960), qui masque une partie de la colonne de direction sous son dôme d'instrumentation, oblige les ingénieurs à déplacer le levier de commande manuelle au plancher plutôt que sous le volant — les commandes à boutons-poussoir de la boîte automatique restant quant à elles inchangées sur la planche de bord. C'est finalement en 1964, sur la 300K, que Chrysler abandonne définitivement les boutons-poussoir sur l'ensemble de sa gamme, au profit d'un sélecteur classique monté sur la console centrale, avec l'ajout d'une position « Park » désormais indispensable — une évolution qui accompagne, plus largement dans l'industrie américaine du milieu des années 1960, une préoccupation croissante pour l'ergonomie et la sécurité des commandes de conduite. Voir également Les boîtes manuelles de la 300 — du 3-rapports Dodge confidentiel au Pont-à-Mousson français mal-aimé pour l'histoire, nettement plus mouvementée, des boîtes manuelles proposées en option sur la même période.
Voir aussi
- La naissance de la Chrysler 300 en 1955 — le pari de Robert Rodger et la voiture « bricolée » sur étagère
- 1956 — la 300B et le premier moteur américain de série à un cheval par pouce cube
- 1960 — la 300F, coque autoporteuse, admission « Cross-Ram » et razzia à Daytona
- 1964 — la 300K, record absolu de ventes obtenu au prix du prestige
- Les boîtes manuelles de la 300 — du 3-rapports Dodge confidentiel au Pont-à-Mousson français mal-aimé
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- 1956 — la 300B et le premier moteur américain de série à un cheval par pouce cubeChrysler 300 (letter series) · Histoire et modèles
- Les boîtes manuelles de la 300 — du 3-rapports Dodge confidentiel au Pont-à-Mousson français mal-aiméChrysler 300 (letter series) · Transmission
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