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§ 01 · Histoire et modèles

Le lancement de la DS — Salon de Paris, 5-6 octobre 1955

Citroën DS · 1955–1975 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un pari lancé alors que « rien n'est vraiment réglé »

Début 1955, Pierre Bercot décide de lancer la voiture malgré une mise au point encore incomplète : la DS doit impérativement être prête pour le Salon de l'Automobile d'octobre. Selon le DS ID Club de France, c'est la précipitation au Quai de Javel — mais Citroën n'a plus le choix : victime de fuites répétées dans la presse depuis près de trois ans (voir La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955)), la marque voit les ventes de la Traction s'effondrer face à l'attente du public pour la remplaçante annoncée. Il s'agit, plus que jamais, de survivre commercialement.

Le nom : de VGD à DS

Le projet, d'abord baptisé VGD puis numéroté en interne (projets « D1 », « D2 », etc.), reçoit finalement le nom commercial DS — un choix qui permet un jeu de mots phonétique immédiat en français : DS se prononce comme « déesse ». Le succès populaire de ce surnom sera tel qu'il supplantera largement le nom commercial officiel dans l'usage courant.

Le jour J

Le Salon ouvre ses portes le 6 octobre 1955 au Grand Palais (une source, l'Automobile Ancienne, date l'ouverture du salon au 6 octobre ; le DS ID Club de France situe la présentation le « jeudi 5 octobre 1955 » — l'écart d'un jour n'est pas résolu par les sources consultées, voir sources/verification-croisee.md). Présentée sur un podium tournant, la DS 19 s'élève en douceur sous les yeux du public grâce à sa suspension hydropneumatique réglable en hauteur — un effet de mise en scène qui, à lui seul, provoque la stupéfaction générale.

L'accueil dépasse toutes les attentes de la marque :

  • 749 commandes en 45 minutes ;
  • 12 000 commandes en fin de première journée ;
  • 80 000 arrhes versées sur les dix jours du salon (soit environ 80 000 voitures « vendues » au sens des arrhes perçues, un chiffre resté mythique dans l'histoire de l'automobile) ;
  • ce volume de commandes permet à Citroën de remplir ses carnets pour deux années de production, malgré une montée en cadence rapide de la chaîne (contrairement à une légende parfois reprise, les premières DS 19 sortent bien à haute cadence dès le lancement, selon le DS ID Club de France).

Une presse sidérée

Les comptes rendus de presse de l'époque, cités par plusieurs sources, témoignent d'un choc quasi unanime face à une voiture jugée technologiquement extraterrestre pour son temps. Un journaliste de L'Automobile aurait ainsi écrit en 1956 que « la DS ne roule pas, elle glisse, comme si elle ignorait la pesanteur » (citation rapportée par sphere-discount.com, non retrouvée dans une source primaire directement consultée — à recouper). Le philosophe et sémiologue Roland Barthes consacrera l'année suivante un texte resté célèbre à cet accueil quasi religieux réservé à la voiture — voir Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957).

Un succès commercial qui n'efface pas la Traction du jour au lendemain

Malgré ce triomphe, la Traction Avant reste en vente plusieurs années encore : à 600 000 francs contre 900 000 pour la DS (chiffre cité côté citroen-traction-avant/, voir Histoire générale de la Traction Avant (1934–1957)), elle demeure l'option des budgets moyens jusqu'à l'arrêt de sa production en juillet 1957. La complémentarité commerciale entre les deux gammes dure ainsi près de deux ans.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
dsidclubdefrance.net, lautomobileancienne.com, sphere-discount.com
Auteur du site
DS ID Club de France ; alexrenault (l'Automobile Ancienne) ; sphere-discount.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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