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§ 02 · Carrosserie plastique

Quand le plastique pose problème — la Méhari face aux réglementations allemande et américaine

Citroën Méhari · 1968–1987 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Le choix d'une carrosserie intégralement en plastique, aussi ingénieux fût-il sur le plan industriel (voir La carrosserie en ABS de la Méhari : thermoformage, pas injection), s'est heurté à des obstacles réglementaires bien concrets sur au moins deux marchés majeurs.

L'Allemagne : une homologation refusée pour cause d'inflammabilité

La Méhari n'a jamais été homologuée en Allemagne, la réglementation locale s'opposant spécifiquement au caractère inflammable de sa carrosserie plastique. Ce refus prive Citroën d'un débouché commercial potentiellement important sur son marché voisin le plus significatif après la France.

La solution de contournement allemande : la Fiberfab Sherpa

Face à cette impasse réglementaire, la société Fiberfab développe et commercialise à partir d'août 1975 un véhicule directement inspiré du concept Méhari, mais construit sur la base de la Citroën Dyane plutôt que sur celle, non homologuable localement, de la Méhari elle-même : le pick-up Sherpa, doté d'un pare-brise rabattable dans le même esprit que le modèle qui l'a inspiré. Ce dérivé indirect reste en production jusqu'en 1982, offrant au marché allemand un substitut fonctionnel à un modèle qui lui restait officiellement fermé.

Les États-Unis : une homologation obtenue par un artifice réglementaire

Le marché américain pose un défi de nature différente : la réglementation fédérale de sécurité automobile (portée par la National Highway Traffic Safety Administration, NHTSA) impose aux voitures particulières des normes de sécurité strictes, incompatibles en l'état avec une carrosserie plastique dépourvue de nombreux équipements de sécurité passive standards.

Citroën contourne cette difficulté par un choix de classification habile : la Méhari américaine est homologuée non pas comme voiture particulière mais comme véhicule utilitaire léger (camionnette), une catégorie soumise à des exigences nettement plus souples. Cette classification permet notamment de commercialiser le véhicule sans ceintures de sécurité, alors obligatoires sur toute voiture particulière vendue aux États-Unis. Le succès commercial de cette manœuvre reste néanmoins limité dans le temps et dans les volumes — voir le détail de cet épisode américain, dont la brièveté (1970-1971 seulement), dans L'éphémère aventure américaine de la Méhari (1970-1971).

Un point commun : l'ABS, un matériau en avance sur la réglementation de son temps

Ces deux épisodes illustrent une même réalité : en 1968, la réglementation automobile occidentale n'a tout simplement pas encore anticipé l'usage d'une carrosserie intégralement plastique sur un véhicule de série destiné à la route ouverte. La Méhari se retrouve ainsi, marché par marché, tantôt purement et simplement écartée (Allemagne), tantôt acceptée au prix d'une reclassification qui en dénature partiellement le statut d'origine (États-Unis) — un contraste éclairant sur le caractère réellement pionnier, et pas seulement esthétique, du choix industriel de Roland de La Poype et de la S.E.A.B.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) ; lautomobileancienne.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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