Belgique, Royaume-Uni, Israël, Canada — l'histoire mouvementée des exports occidentaux de la Dacia
À partir du restylage de 1979 (voir 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la Brasovia, dossier 01-histoire-et-modeles/), Dacia se lance dans une série de tentatives commerciales en Europe occidentale et au-delà — toutes documentées comme des échecs commerciaux plus ou moins cuisants, mais dont le détail, marché par marché, mérite d'être consigné.
La Belgique, meilleur score occidental et cependant modeste
Le marché belge constitue, selon Wikipédia, le meilleur résultat occidental obtenu par la Dacia : 631 exemplaires immatriculés entre 1978 et 1980. Une seconde tentative, menée entre 1985 et 1988, se solde par un échec bien plus net : à peine une quarantaine de voitures trouvent preneur, les derniers exemplaires en stock n'étant écoulés qu'en 1990.
Le Royaume-Uni et la Dacia Denem
À partir de 1982, la 1310 est commercialisée au Royaume-Uni sous le nom « Dacia Denem », disponible en berline quatre portes et break cinq portes, positionnée comme une alternative économique face aux Lada, FSO et Škoda déjà installées sur ce créneau. Son prix de lancement (3 190 livres sterling) et l'âge déjà avancé de sa plateforme technique limitent cependant fortement son succès : les sources divergent sur la durée exacte de sa commercialisation britannique, une source française évoquant un arrêt au bout de « quelques mois à peine », tandis qu'une source anglophone spécialisée situe la fin de sa carrière britannique vers 1984, soit environ deux ans après son lancement. Selon un décompte britannique de véhicules encore immatriculés cité par Wikipédia, plus aucune Dacia Denem n'était recensée sur les routes du Royaume-Uni dès 2013.
Israël et la saga mouvementée de la marque « Delta »
Le marché israélien offre l'historique d'importation le plus rocambolesque documenté pour ce modèle : entre 1978 et 1989, la Dacia y est commercialisée sous le nom « Delta », importée de façon irrégulière par pas moins de quatre importateurs successifs. Une première tentative en 1978 s'arrête dès l'année suivante en raison de problèmes de qualité, au point d'être évoquée publiquement dans une émission de télévision consacrée aux réclamations de consommateurs. Une deuxième tentative, en 1982, se fait sous le nom « Galidi ». Une troisième tentative, en 1988, portée par une campagne publicitaire au slogan « Toi aussi tu peux le faire, 88 », permet à l'importateur Capris (filiale de Kaiser Illin) de vendre environ 6 000 véhicules — avant que l'entreprise ne fasse faillite dès août 1988, laissant des clients ayant versé des acomptes sans voiture ni remboursement. Une ultime tentative, menée par l'importateur Mutcars sous le nom d'origine « Dacia », proposera break et pick-up sous le nom « Shifter ».
Canada, Danemark, Pays-Bas et le cas particulier de la Grèce
Wikipédia mentionne également des tentatives de commercialisation, plus discrètes et moins documentées en détail, au Canada, au Danemark et aux Pays-Bas. La France elle-même n'accueille que 57 immatriculations entre 1982 et 1987 selon Wikipédia français. Seul le marché grec fait figure d'exception relative en Europe occidentale : plusieurs sources notent une carrière commerciale « honnête » de la 1300/1310 en Grèce, marché traditionnellement plus réceptif aux modèles d'Europe de l'Est proposés à prix très compétitif que ses voisins d'Europe occidentale.
Pourquoi un tel échec généralisé à l'Ouest ?
Une explication structurelle, documentée par plusieurs sources convergentes, mérite d'être soulignée : à la différence d'autres constructeurs du bloc de l'Est (Škoda, Lada, FSO, Zastava), la Dacia souffrait en Europe occidentale d'un handicap unique, celui d'être la copie visible d'un modèle occidental déjà connu et vieillissant, la Renault 12 elle-même. Cette ressemblance, loin de constituer un argument de vente, rappelait sans cesse aux acheteurs potentiels l'existence d'une base technique déjà dépassée, sans que Dacia ne bénéficie en retour d'un réseau commercial et d'un service après-vente comparables à ceux de Renault.
Voir aussi
- 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la Brasovia (dossier
01-histoire-et-modeles/) - Le break, la carrosserie que les Roumains n'ont jamais vraiment adoptée (dossier
05-carrosserie/) - Acheter une Dacia 1300/1310 aujourd'hui — un marché de la collection encore largement roumain
- Site source
- en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org, retropassionautomobiles.fr
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Dacia_1310 ↗
- Acheter une Dacia 1300/1310 aujourd'hui — un marché de la collection encore largement roumainDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Achat administratif
- 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la BrasoviaDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- Le break, la carrosserie que les Roumains n'ont jamais vraiment adoptéeDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Carrosserie
- Le break, la carrosserie que les Roumains n'ont jamais vraiment adoptéeDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- Aro-Familia, Dacia Cristal, Renault-Oyak Toros — les vies étrangères de la Renault 12 roumaineDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- 1979 — la 1300 devient 1310 et la Roumanie invente son propre coupé, la BrasoviaDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- Acheter une Dacia 1300/1310 aujourd'hui — un marché de la collection encore largement roumainDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)