1946-1951 — Delahaye survit tant bien que mal grâce aux camions et à l'armée
Entre la sortie de guerre et la tentative désespérée que représente la Type 235, Delahaye traverse cinq années de survie plus que de prospérité — un sursis rendu possible non par ses automobiles de luxe, mais par ses activités les plus anciennes et les moins glorieuses : les camions et le matériel d'incendie.
Une gamme automobile qui repart, sans grand enthousiasme
Dès le début de 1946, Delahaye relance la production de ses camions de 5 tonnes à cabine avancée, ainsi que celle de ses voitures particulières — les Types 134, 135 et 148, désormais dotées de moteurs plus puissants. Mais l'avenir reste, de l'aveu même de Wikipédia, plutôt sombre pour les constructeurs de voitures de luxe dans cette période de reconstruction où l'économie prime sur le prestige. Ce contexte général explique en partie pourquoi la Type 175, présentée dès 1947 avec une mécanique pourtant ambitieuse, se révèle un échec commercial ruineux malgré ses succès sportifs.
Le sauvetage discret par les camions et les pompes à incendie
C'est la gamme d'utilitaires et de matériel de lutte contre l'incendie — l'activité la plus ancienne de la marque, antérieure même à l'automobile de tourisme — qui permet concrètement à Delahaye de survivre durant cette période. En 1950, un pick-up de type colonial équipé du moteur 6-cylindres Type 103 rejoint le catalogue, suivi de versions pick-up étroit puis large, déclinées en fourgon, break, ambulance et châssis-cabine jusqu'en 1954. C'est également durant cette période que Delahaye se rapproche des frères Seynave pour créer Delsey, futur numéro deux mondial de la bagagerie — une diversification industrielle qui, avec le recul, s'avère plus pérenne que l'automobile de luxe elle-même.
Le camouflet du VLR face à la Jeep américaine
Le symbole le plus cruel de ce déclin commercial reste sans doute l'épisode du VLR (Véhicule Léger de Reconnaissance), livré à l'armée française à partir de 1951 : ce 4x4 à moteur en alliage léger et quatre roues indépendantes, techniquement élaboré, se voit finalement préféré la Jeep américaine, plus simple et alors assemblée sous licence… par Hotchkiss, le futur repreneur de Delahaye elle-même trois ans plus tard (voir 1954 — l'absorption par Hotchkiss met fin à Delahaye et Delage).
Un effondrement des ventes qui ne laisse plus de doute
L'ampleur du problème se lit dans un seul chiffre, cité par la source anglophone consacrée à la Type 235 : la production combinée des Types 135 et 175 (et de leurs dérivés à empattement long 178/180) tombe à seulement 77 exemplaires vendus en 1951 — un chiffre que la source qualifie sans détour d'« atterrant » pour une entreprise qui, quinze ans plus tôt à peine, dominait le segment du luxe sportif français. C'est ce constat qui pousse Delahaye à tenter le tout pour le tout avec la Type 235, sa toute dernière carte.
Voir aussi
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA), en.wikipedia.org
- Auteur du site
- contributeurs Wikipédia
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Delahaye ↗
- Delahaye Type 235 — la dernière tentative, trop tardive et trop chère (1951-1954)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Modèles
- Delahaye Type 175, 178 et 180 — l'ambitieuse relance d'après-guerre qui tourne courtDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Modèles
- 1954 — l'absorption par Hotchkiss met fin à Delahaye et DelageDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Declin et disparition
- Delahaye Type 235 — la dernière tentative, trop tardive et trop chère (1951-1954)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Pierrot le Fou et la Delahaye volée — un fait divers gravé dans la légende de la marqueDelahaye et Delage (135, 165, D8)
- 1954 — l'absorption par Hotchkiss met fin à Delahaye et DelageDelahaye et Delage (135, 165, D8)
- Delahaye et Delage sous l'Occupation — regroupement forcé et réquisition industrielleDelahaye et Delage (135, 165, D8)
- Delahaye Type 175, 178 et 180 — l'ambitieuse relance d'après-guerre qui tourne courtDelahaye et Delage (135, 165, D8)