Aller au contenu
§ 03 · Modèles

Delahaye Type 175, 178 et 180 — l'ambitieuse relance d'après-guerre qui tourne court

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Entre la légende dorée de la Type 165 et le chant du cygne de la Type 235, la Type 175 occupe une place étrange dans l'histoire de la marque : un modèle techniquement ambitieux, victorieux en compétition, mais qui se révèle un échec commercial ruineux au pire moment possible.

Une mécanique héritée du Grand Prix

Présentée au Salon de l'automobile 1947, la Type 175 reprend l'esprit technique de la Type 145 et de la Type 165 : moteur 4,5 litres, essieu arrière De Dion, freins désormais hydrauliques. Les versions à empattement allongé sont commercialisées sous les appellations Type 178 et 180. Sur le papier, cette architecture aurait dû permettre à Delahaye de retrouver, dans l'immédiat après-guerre, le lustre technique qui avait fait sa réputation dans les années 1930.

Un contexte économique impitoyable pour le luxe automobile

Mais la période de reconstruction qui suit la Libération n'est guère favorable à la vente de voitures de luxe : le Club Delahaye lui-même reconnaît, dans son propre historique officiel, que l'avenir est « plutôt sombre » pour les marques de ce segment au lendemain de la guerre. Pour Delahaye, le châssis de la Type 175 se révèle en outre rapidement dépassé face à l'évolution du marché, et sa mise au point s'avère un échec ruineux pour l'entreprise — un jugement sans appel porté par Wikipédia elle-même.

Des victoires sportives qui ne suffisent pas à sauver le modèle

Le paradoxe est que la Type 175 continue pourtant de briller en compétition : elle remporte le Grand Prix de l'Automobile Club de France à Compiègne en 1949, et un coach Type 175 S s'impose au Rallye de Monte-Carlo 1951 — deux victoires que le Club Delahaye met explicitement en avant dans son propre récit de cette période. La version 175 S d'André Simon obtient même le meilleur temps en course lors des 24 Heures du Mans 1949, avant un abandon à la 19ᵉ heure. Mais ces succès sportifs, hérités directement de la philosophie de course qui avait fait le succès commercial de la Type 135 dans les années 1930, ne suffisent plus, quinze ans plus tard, à convaincre une clientèle de luxe désormais plus rare et plus exigeante.

Face à cet échec, Delahaye survit surtout grâce à sa gamme de véhicules utilitaires et de matériel incendie, ainsi qu'aux marchés fournis à l'armée française pour ses véhicules légers de reconnaissance — un sursis avant la tentative ultime que représente la Type 235 (voir 1946-1951 — Delahaye survit tant bien que mal grâce aux camions et à l'armée).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA), clubdelahaye.com
Auteur du site
contributeurs Wikipédia ; Club Delahaye
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci