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§ 09 · Conduite

Les essais de la presse automobile — une routière agréable, pas une sportive

Delorean DMC-12 · 1981–1983 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un accueil contemporain plutôt bienveillant, mais nuancé

À sa sortie, la presse automobile américaine — Motor Trend, Car and Driver et Road & Track en tête — réserve à la DeLorean un accueil globalement positif sur ses qualités d'usage quotidien : des sièges confortables sur longs trajets, une facilité d'accès et de sortie du véhicule inattendue pour une voiture aussi basse (les portes papillon jouant pleinement leur rôle pratique, voir Les portes papillon de la DeLorean — un mécanisme signé Grumman Aerospace), un coffre jugé spacieux compte tenu du gabarit de la voiture, l'odeur agréable du cuir des sièges de série, et une consommation de carburant jugée raisonnable. La presse s'accorde cependant sur un point : la DeLorean se comporte davantage comme une grand tourisme (GT), agréable sur route ouverte et dans la circulation réelle, que comme une authentique sportive capable de rivaliser en essai comparatif chronométré. Road & Track résume la déception sur ce terrain précis : la voiture n'est « pas un foudre de guerre », avec un 0 à 60 mph mesuré à 10,5 secondes — sensiblement en retrait par rapport aux 8,8 secondes annoncées par la documentation commerciale de DMC elle-même. La vitesse de pointe suit la même tendance : 110 mph mesurés contre 130 mph revendiqués. Car and Driver consacre en décembre 1981 un essai comparatif confrontant la DeLorean à la Chevrolet Corvette, la Datsun 280-ZX, la Ferrari 308 GTS et la Porsche 911 — un signe, au minimum, que la voiture était prise au sérieux comme concurrente dans cette catégorie de prix, quel qu'ait pu être le classement final de cet essai (voir Le projet de DeLorean biturbo par Legend Industries (1981) — une option jamais commercialisée pour la tentative ultérieure de combler cet écart de performance par la turbocompression).

Un jugement nettement plus sévère avec le recul

Les évaluations rétrospectives, formulées des décennies plus tard une fois l'aura de Retour vers le futur dissociée de l'expérience de conduite réelle (voir Pourquoi une DeLorean ? La genèse de la machine à voyager dans le temps de « Retour vers le futur »), se montrent nettement plus dures. Le magazine Time inclut la DeLorean dans son palmarès des « 50 pires voitures de tous les temps » publié en 2017. L'auteur australien Tony Davis, dans son ouvrage Naff Motors: 101 Automotive Lemons, qualifie sa qualité de fabrication de « lamentable » (« woeful »). Le journaliste britannique Richard Porter, ancien de l'émission Top Gear, la classe dans son livre Crap Cars et la juge « sinistre » (« dismal »).

Un paradoxe assumé par la voiture elle-même

Ce contraste entre une réputation dynamique durablement écornée et une popularité culturelle et commerciale toujours croissante sur le marché de la collection (voir La cote actuelle de la DeLorean et la rareté des exemplaires à conduite à droite) constitue l'un des traits les plus caractéristiques de la postérité de la DeLorean : peu de voitures aussi ouvertement critiquées par la presse spécialisée, à l'époque comme aujourd'hui, continuent d'attirer un public aussi large et aussi fidèle, porté avant tout par son identité visuelle et son histoire, plutôt que par ses qualités routières.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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