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§ 06 · Exportations occident

Du beurre néo-zélandais contre des Lada — quand l'export se faisait par troc

Lada Riva / VAZ-2101 (« Kopeïka ») · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

L'absence de convertibilité du rouble sur les marchés internationaux conduit l'URSS à recourir, pour une partie de ses exportations de Lada, à des mécanismes de troc plutôt qu'à de simples transactions en devises — une conséquence concrète de la stratégie plus large exposée dans Une voiture, deux fonctions monétaires — éponger les roubles, engranger les devises.

Des Lada contre du beurre et du mouton en Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, c'est l'office national du lait (New Zealand Dairy Board) qui assure lui-même la distribution de la Lada — une situation pour le moins inhabituelle pour un organisme public agricole. Le mécanisme, documenté par Wikipédia anglophone à partir d'un ouvrage universitaire consacré aux relations commerciales néo-zélandaises, est un pur accord de compensation : les livraisons de mouton et de beurre néo-zélandais vers l'Union soviétique sont réglées non pas en devises, mais en Lada, que l'office laitier revend ensuite sur le marché intérieur néo-zélandais pour récupérer sa mise. Ce commerce de troc se poursuit jusqu'en 1990, date du dernier échange de ce type entre les deux pays.

Un mécanisme comparable avec Coca-Cola

Une seconde synthèse, consacrée à l'humour populaire autour de la marque, rapporte un accord de nature similaire avec l'entreprise Coca-Cola : entre 1980 et 1990, des boissons de la marque américaine auraient été échangées contre des Lada, ces dernières étant ensuite revendues au Royaume-Uni contre des devises sonnantes. Si le détail contractuel exact de cet accord n'est pas précisé par la source (une synthèse à vocation généraliste, non une étude spécialisée en histoire du commerce international), le principe rejoint exactement celui documenté pour la Nouvelle-Zélande : la Lada sert de monnaie d'échange physique dans des transactions Est-Ouest où la convertibilité monétaire directe posait problème.

Des marchés discrets mais réels, de Cuba à l'Angola

D'autres marchés lointains, moins mus par un mécanisme de troc mais tout aussi révélateurs de la portée géopolitique de l'export Lada, méritent d'être mentionnés : Cuba reçoit ses premières Lada dès 1971, et Raúl Castro conduit personnellement l'une d'elles pour se rendre à son travail jusqu'en 2006 selon Wikipédia anglophone ; l'Angola, de son côté, reçoit son premier lot de mille Lada en 1977, avant de devenir progressivement un client significatif du constructeur soviétique en Afrique australe. Le Canada, enfin, reçoit sa première cargaison de Lada 1500 (VAZ-2103) en 1978, intégralement vendue en quelques semaines selon un article du New York Times de l'époque, malgré un choix limité à six couleurs et un délai de livraison dépassant l'année (voir La Lada en Amérique du Nord — vendue sous le manteau au Canada, jamais aux États-Unis).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; medium.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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