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§ 09 · Conduite

Conduire la 037 et la Delta S4 — deux caractères opposés selon les témoignages des pilotes

Lancia Rally 037 et Lancia Delta S4 · 1982–1983 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

La 037, une voiture « facile » comparée à ses rivales intégrales

Plusieurs témoignages de pilotes convergent pour décrire la 037 comme une voiture relativement prévisible pour son époque, dont le comportement en glisse contrôlée à propulsion arrière reste plus lisible qu'une transmission intégrale poussée dans ses limites. C'est précisément cette lisibilité, combinée à la légèreté générale de la voiture, qui permet à des pilotes rompus à la propulsion — au premier rang desquels Walter Röhrl, peu enthousiaste vis-à-vis des transmissions intégrales de l'époque qu'il jugeait moins gratifiantes à piloter à la limite — d'exploiter pleinement son potentiel face à des Audi Quattro pourtant supérieures sur le papier (voir 037 contre Audi Quattro — le dernier combat de la propulsion arrière face à la transmission intégrale).

Henri Toivonen et la 037 : une voiture qui ne lui convient pas

Le cas d'Henri Toivonen illustre à l'inverse que le caractère de la 037 ne convenait pas à tous les styles de pilotage : selon plusieurs sources biographiques, la 037 ne correspondait pas à son style de conduite, plus habitué aux sensations directes d'une transmission intégrale généreuse en puissance. Sur cette voiture, en délicatesse par ailleurs avec une puissance déjà dépassée par la concurrence (325 ch contre 440 pour la Peugeot 205 Turbo 16 et 500 pour l'Audi Quattro selon les chiffres de la saison 1985), Toivonen peine à retrouver son meilleur niveau — voir sa biographie complète dans Henri Toivonen — du karting au sommet du rallye mondial.

La Delta S4, une voiture qui « a son propre esprit »

Le passage à la Delta S4 change radicalement la donne pour Toivonen, qui y trouve enfin une voiture en phase avec son style, au point d'y signer ses meilleurs résultats de carrière dès son introduction fin 1985. Il n'en reste pas moins lucide sur la difficulté de la piloter : « J'ai peut-être gagné le RAC Rally avec la Lancia, mais je ne savais pas vraiment comment la conduire. Elle semblait avoir son propre esprit », confiera-t-il, un aveu rare de la part d'un pilote pourtant vainqueur. Cesare Fiorio, patron de l'écurie, ira jusqu'à affirmer après coup que Toivonen était le seul pilote réellement capable de maîtriser pleinement la S4.

La retenue nécessaire face à une puissance délirante

Le pilote italien de la S4, dont l'identité exacte varie selon les traductions consultées mais dont le témoignage est rapporté de façon cohérente par Wikipédia italien, résume ainsi l'apprentissage de la voiture : « Je n'avais pas le courage de la laisser glisser. Puis j'ai compris qu'il fallait la conduire comme si elle était sur des rails » — une formule qui traduit bien le changement d'approche qu'exigeait cette mécanique à la délivrance de puissance atypique (voir Piloter deux suralimentations à la fois — l'électronique et l'overboost de la Delta S4). Toivonen lui-même, dans l'une de ses dernières déclarations publiques avant l'accident de 1986, décrira la puissance de la voiture comme physiquement épuisante à contenir sur des routes aussi sinueuses que celles du Tour de Corse — un témoignage documenté avec toute la prudence nécessaire dans L'accident du Tour de Corse 1986 — Henri Toivonen et Sergio Cresto.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org + it.wikipedia.org + fr.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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