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§ 11 · Compétition

037 contre Audi Quattro — le dernier combat de la propulsion arrière face à la transmission intégrale

Lancia Rally 037 et Lancia Delta S4 · 1982–1983 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Deux philosophies techniques que tout oppose

La saison 1983 de Championnat du monde des rallyes met aux prises deux conceptions radicalement opposées de la voiture de compétition. D'un côté, l'Audi Quattro — dont la genèse et les débuts en compétition sont déjà détaillés dans le corpus qui lui est consacré — mise sur la motricité maximale offerte par sa transmission intégrale, une technologie révolutionnaire en rallye au moment de son introduction quelques années plus tôt (voir La genèse de la Lancia 037 — Abarth, Dallara, Pininfarina et l'ingénieur Sergio Limone pour le contexte de la réaction Lancia). De l'autre, la Lancia 037 mise sur la légèreté, l'agilité et la simplicité mécanique d'une propulsion arrière pure, quitte à renoncer à l'avantage de motricité offert par les quatre roues motrices.

Un pari déjà jugé risqué par une partie du paddock

Ce choix n'allait pas de soi au moment où il a été fait : dès le lancement du projet, plusieurs observateurs du sport automobile jugeaient la voie choisie par Cesare Fiorio dépassée face à la déferlante technologique lancée par Audi. Le résultat de la saison 1983 — un titre constructeurs remporté avec seulement deux points d'avance sur Audi (voir le détail épreuve par épreuve dans 1983 — la saison du titre, épreuve par épreuve) — prouve que ce pari n'était pas absurde, sans pour autant durer : dès 1984, la 037 cède la place à Audi au classement, un basculement documenté dans 1984 — la 037 en sursis face à l'Audi Quattro et l'arrivée de la Peugeot 205 Turbo 16.

Une répartition des terrains de prédilection très nette

Le déroulement de la saison 1983 dessine une géographie de la performance assez nette entre les deux voitures : la 037 domine sur les revêtements où l'adhérence permet d'exploiter pleinement sa légèreté et son agilité (le Tour de Corse sur asphalte, où elle réalise un triplé), tandis que l'Audi Quattro prend l'avantage sur les terrains meubles où sa motricité intégrale fait toute la différence (le Rallye du Portugal sur terre, où elle réalise un doublé). Cette alternance entre surfaces favorables à l'une ou à l'autre philosophie technique explique en grande partie le suspense entretenu jusqu'à la dernière manche prise en compte du championnat.

Un titre resté sans successeur

Le titre constructeurs 1983 de la 037 constitue, avec le recul historique, un point d'inflexion plutôt qu'un simple résultat sportif parmi d'autres : c'est le dernier exemple d'une voiture de rallye à deux roues motrices s'imposant au plus haut niveau mondial face à des rivales à transmission intégrale déjà largement supérieures en motricité pure. Cet épisode est d'ailleurs cité comme référence historique dans le dossier consacré à la Fiat 131 Abarth, qui présente la 131 Abarth et la 037 comme les deux dernières propulsions du groupe Fiat à avoir dominé le rallye mondial avant l'ère quasi générale de la transmission intégrale. Walter Röhrl, précisément l'homme du dernier titre pilotes de la 131 Abarth (voir sa biographie complète), fait d'ailleurs partie de l'aventure victorieuse de la 037 dès cette saison 1983, avant de rejoindre lui-même le camp adverse Audi dès l'année suivante — une trajectoire de pilote qui résume à elle seule le basculement générationnel de toute une discipline.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org + carandclassic.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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