Les B20 hors norme — Zagato, Vignale, la Nardi Raggio Azzurro et le Boano panoramique
Au-delà de la production de série confiée à Ghia, Viotti puis Pininfarina (voir Qui a construit les B20 ? Ghia, Viotti, Pininfarina et Maggiora, une chaîne de sous-traitance en évolution), le châssis B20 a inspiré plusieurs réalisations uniques ou en très petite série, commandées par des clients fortunés ou des préparateurs indépendants auprès d'autres grands noms de la carrosserie turinoise.
Les trois Zagato, commandées par des proches du sérail Lancia
Carrozzeria Zagato, maison milanaise, réalise trois exemplaires uniques de coupé sur base B20, chacun précisément documenté par son numéro de châssis. Le premier (châssis 2328) est achevé le 27 mai 1953 pour la maison Bocca de Biella, avant d'être engagé en compétition par le pilote Plinio Bona. Le second (châssis 2505), livré le 4 juillet suivant, est commandé par Ferdinando Gatta — qui n'est autre que le beau-frère de Gianni Lancia lui-même — qui l'engagera à son tour en course. Le troisième (châssis 2815), achevé le 13 juillet, est réalisé pour un commanditaire de Prato. Cette implication d'un membre de la famille Lancia par alliance dans la commande d'un de ces exemplaires illustre à quel point les cercles de la haute société turinoise et piémontaise de l'époque se recoupaient avec ceux de la compétition automobile amateur.
Vignale : des berlinettes profilées sur mécanique Aurelia
Carrozzeria Vignale construit de son côté un certain nombre de « berlinettes » profilées et sportives sur mécanique Aurelia. Si certaines sources évoquent un châssis de type B50/B52 (celui des cabriolets de confort) pour ces réalisations, il apparaît quasi certain que ces carrosseries reposaient en réalité sur la mécanique du B20.
La Nardi Raggio Azzurro I (1955) : un one-off pensé pour la performance
Présentée aux Salons de New York et de Turin au début de 1955, la Raggio Azzurro I associe un châssis tubulaire à empattement raccourci (253 cm contre 265 cm pour un B20 de série) à une carrosserie en aluminium de Vignale, dessinée par Giovanni Michelotti et commandée par le préparateur Enrico Nardi. Peinte en deux tons de bleu, elle se signale par un toit en Plexiglas percé d'une prise d'air centrale métallique, un pare-brise à double courbure, des ailerons de queue et un unique phare central surnommé « l'œil de Polyphème ». Sous ce vêtement spectaculaire, le moteur B20 de 2,5 litres est profondément retravaillé par Nardi : collecteur maison, deux carburateurs Weber 40 DCN, arbre à cames modifié et taux de compression porté à 8,9:1, pour une puissance annoncée d'environ 140 ch à 5 500-5 600 tr/min. Avec un poids contenu à 987 kg, la Raggio Azzurro I atteint environ 200 km/h — une performance notable pour un châssis dérivé d'une GT de route. Restée un exemplaire unique, elle inspirera une « Raggio Azzurro II » trois ans plus tard.
Le Boano panoramique (1955) : un exercice de style personnel
Carrozzeria Boano réalise également un coupé unique sur base B20, personnalisé et particulièrement soigné dans sa finition, distingué notamment par une lunette arrière de type panoramique nettement agrandie par rapport à la version de série. Cette voiture a été présentée dans plusieurs concours d'élégance italiens de l'époque.
Un aperçu de la vitalité du fuoriserie italien des années 1950
L'ensemble de ces réalisations illustre le phénomène dit du « fuoriserie » (littéralement : hors-série) qui caractérise l'industrie automobile italienne de l'après-guerre : la possibilité, pour une clientèle fortunée, de commander directement à un carrossier une carrosserie unique ou en très petite série sur la base d'un châssis et d'une mécanique de série — pratique qui s'applique aussi bien à l'Aurelia qu'à de nombreux autres châssis italiens prestigieux de la période.
Voir aussi
- Qui a construit les B20 ? Ghia, Viotti, Pininfarina et Maggiora, une chaîne de sous-traitance en évolution · La genèse du coupé B20 GT — une controverse d'attribution jamais définitivement tranchée · L'alimentation du V6 Aurelia — du simple corps Solex à la double carburation Weber · Pourquoi le B20 est considéré comme la première Gran Turismo moderne
- Site source
- carrozzieri-italiani.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://www.carrozzieri-italiani.com/lancia-b20/ ↗
- Pourquoi le B20 est considéré comme la première Gran Turismo moderneLancia Aurelia · Culture documentation
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