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§ 07 · Carrosserie

Qui a construit les B20 ? Ghia, Viotti, Pininfarina et Maggiora, une chaîne de sous-traitance en évolution

Lancia Aurelia · 1950–1958 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Au-delà de la question, jamais définitivement tranchée, de savoir qui a dessiné le B20 (voir La genèse du coupé B20 GT — une controverse d'attribution jamais définitivement tranchée), une question distincte et mieux documentée mérite sa propre fiche : qui, concrètement, a construit les carrosseries au fil des huit années de production ?

Ghia : trois prototypes, puis un constat de capacité insuffisante

Une fois le dessin du B20 approuvé par Lancia, c'est Carrozzeria Ghia qui reçoit la commande initiale de fabrication — en principe pour une centaine d'exemplaires. Ghia ne construit cependant que trois prototypes avant de se heurter à ses propres limites industrielles : l'atelier turinois, taillé pour de petites séries et des pièces uniques, ne dispose pas des moyens nécessaires à une fabrication standardisée à plus grande échelle.

Viotti : le sous-traitant de la première série (98 unités)

Felice Mario Boano, alors à la tête de Ghia, se tourne vers un ami personnel mieux équipé pour ce type de production : Vittorino Viotti, dont l'atelier du Corso IV Novembre à Turin prend en charge la fabrication de la première série. Au total, 98 exemplaires sortent de cet atelier avant que la production ne bascule une nouvelle fois — un chiffre à rapprocher, sans les confondre exactement, des « environ 500 » exemplaires de première série toutes provenances confondues avancés par ailleurs (voir la divergence documentée dans sources/verification-croisee.md).

Pininfarina : la bascule dès la deuxième série, et l'exclusivité de la fabrication

Dès la fin de 1951, la production bascule vers Pininfarina, qui obtient de Lancia l'autorisation d'apposer son propre emblème sur la carrosserie — signe distinctif visible sur toutes les voitures à partir de ce moment. À partir de la deuxième série, Pininfarina construit la totalité des carrosseries B20, à raison de plus d'une centaine de panneaux façonnés et soudés à la main pour chaque exemplaire — un processus de fabrication artisanal qui restera caractéristique de la Gran Turismo italienne pendant des décennies.

Maggiora : un renfort de capacité en fin de carrière

Selon le site spécialisé carrozzieri-italiani.com, la Carrozzeria Maggiora vient également, à un stade avancé de la production, prêter main-forte à l'assemblage de certains exemplaires — un renfort de capacité comparable à celui que Viotti avait apporté à Ghia en 1951, signe que la demande pour le B20 dépassait régulièrement les capacités de production d'un seul atelier à la fois.

Une leçon plus générale sur l'industrie du carrossier italien des années 1950

Cette chaîne de sous-traitance en cascade — un designer qui commande, un atelier qui dessine, un autre qui construit les tout premiers exemplaires, un troisième qui prend le relais en volume, un quatrième qui vient en renfort ponctuel — est caractéristique de l'organisation de l'industrie automobile turinoise de l'après-guerre, où les grands noms de la carrosserie (Ghia, Pininfarina, Bertone, Vignale, Zagato, Viotti, Maggiora) collaboraient et se sous-traitaient mutuellement bien plus souvent que ne le laisse penser l'image d'exclusivité attachée aujourd'hui à chacune de ces maisons. Le dossier consacré aux carrosseries spéciales (voir Les B20 hors norme — Zagato, Vignale, la Nardi Raggio Azzurro et le Boano panoramique) documente d'ailleurs la façon dont Vignale et Zagato sont également intervenus, en parallèle, sur des exemplaires uniques ou en très petite série.

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Provenance de cette fiche
Site source
carrozzieri-italiani.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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