La Fulvia jugée par la presse d'époque — Road & Track, Autocar et Motor
Rares sont les voitures de ce segment de cylindrée à avoir suscité un tel enthousiasme unanime de la presse automobile anglo-saxonne des années 1960-1970 — un accueil qui contraste avec le scepticisme initial que suscitait, sur le papier, une « petite italienne » de 1,3 litre.
Road & Track, 1967 : de la méfiance à l'enthousiasme
Testant simultanément la Rallye 1,3 et la version Zagato, le magazine américain Road & Track décrit d'abord un certain scepticisme de la rédaction envers ces « petites Lancia de 1,3 litre » — dissipé dès les premiers kilomètres sur autoroute, où la Zagato « ronronne » à 70 mph (environ 113 km/h) sans effort, portée par son « bijou » de V4 à 13° et une carrosserie très aérodynamique. Les chiffres de performance pure paraissent aujourd'hui modestes (0 à 60 mph en 12,6 secondes pour la Rallye, 13,0 secondes pour la Zagato, plus longuement démultipliée), mais le magazine tranche : ce n'est pas l'objet de la voiture. Sa conclusion, restée célèbre et reprise depuis par de nombreuses sources (dont Wikipédia), qualifie la Fulvia de « a precision motorcar, an engineering tour de force » (une automobile de précision, une prouesse d'ingénierie). Le magazine ajoute que ces Lancia sont « les meilleures tractions avant que nous ayons jamais conduites » — un jugement fort, en particulier pour une configuration alors encore jugée exotique sur une voiture sportive.
Autocar et Motor : deux lectures complémentaires
Autocar loue le comportement neutre de la voiture et la qualité de son confort de roulement. Motor, plus nuancé dans un premier temps, décrit une voiture qui paraît « peu impressionnante » au premier contact avant que ses qualités ne se révèlent pleinement sur route ouverte — le magazine relevant toutefois un retour de direction assez feutré, moins communicatif que ce à quoi l'on pourrait s'attendre d'une sportive de ce calibre.
Un moteur pointu, pas toujours facile au quotidien
Le moteur 1298 cm³ de la Rallye, poussé à 87 ch, est jugé remarquable pour sa cylindrée à l'époque — mais cette optimisation a un coût pratique : un ralenti élevé (1 100 tr/min) et une légère hésitation au démarrage, avant que la voiture ne prenne franchement de la vitesse une fois lancée.
Une clientèle qui payait la prouesse technique, pas le luxe
Un point relevé unanimement par la presse d'époque et repris depuis par plusieurs commentateurs rétrospectifs : la Fulvia ne s'adressait pas à une clientèle en quête de tapis moelleux ou de garnitures cossues, mais à des acheteurs prêts à payer le prix fort pour l'expérience de conduite et la sophistication mécanique en elle-même — un choix commercial cohérent avec la philosophie de la marque (voir Vincenzo Lancia et la tradition d'ingénierie raffinée de la marque) mais qui explique aussi ses difficultés commerciales chroniques (voir Le rachat de Lancia par Fiat (1969) et ses conséquences sur la Fulvia).
Voir aussi
- Site source
- curbsideclassic.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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