Aller au contenu
§ 02 · Moteur

L'architecture du V4 étroit de la Fulvia — pourquoi un angle aussi fermé

Lancia Fulvia · 1963–1976 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le moteur de la Fulvia n'est pas un simple quatre-cylindres comme un autre : c'est l'aboutissement d'une lignée de moteurs en V étroit propre à Lancia, remontant à la Lambda des années 1920 (voir Vincenzo Lancia et la tradition d'ingénierie raffinée de la marque), et redessiné entièrement pour l'occasion.

Un compromis technique imposé par la transmission

Selon Driven to Write, l'équipe de Fessia avait d'abord tenté d'adapter au format compact de la Fulvia une version réduite du quatre-cylindres à plat (boxer) de la Flavia — sans succès. Fessia imposait par ailleurs la réutilisation de l'ensemble boîte-pont de la Flavia, incompatible avec une architecture en ligne classique. C'est dans ce contexte que le motoriste Ettore Zaccone Mina, fort de son expérience sur un moteur V8 de Grand Prix, revient vers l'héritage Lancia et dessine un nouveau moteur en V étroit.

Un angle qui varie selon les versions, autour de « 13° »

Contrairement à une idée reçue trop souvent simplifiée à une valeur unique, l'angle entre les deux rangées de cylindres a varié au cours de la carrière du moteur — la valeur de « 13° » couramment citée (y compris par des sources françaises spécialisées comme Motorlegend.com) est une approximation commode plutôt qu'une mesure unique :

GénérationCylindrées concernéesAngle de bancata (source club officiel)
Moteur d'origine (1963)1 091 - 1 216 cm³12° 53′ 28″
Moteur réétudié (1967)1 199 - 1 401 cm³12° 45′ 28″
Moteur du 1,6 HF (1969)1 584 cm³11° 20′ 00″

Le détail complet par variante moteur (alésage, course, taux de compression, carburation) vit dans Le V4 Fulvia de 1091 à 1584 cm³ — tableau technique complet par variante. Une source (Driven to Write, citant le Lancia Owners Club) situe l'angle d'origine à « 12°45′ » plutôt que 12°53′28″ — un écart mineur de quelques minutes d'angle, probablement une confusion avec la valeur de la génération 1967, à traiter avec prudence (voir sources/verification-croisee.md).

Pourquoi un angle si fermé : la logique technique

L'intérêt de l'architecture en V étroit est de permettre l'usage d'une seule culasse pour les deux rangées de cylindres, tout en conservant une distribution à double arbre à cames en tête (DOHC) — une sophistication technique remarquable pour un moteur d'entrée de gamme. Une source technique italienne (Fulvia Club) précise le mécanisme : contrairement à un V classique, le sommet de l'angle de bancata ne se situe pas sur l'axe de rotation du vilebrequin, ce qui permet de conserver une épaisseur de matière suffisante à la base du V — et explique pourquoi l'angle se referme mécaniquement à mesure que l'alésage augmente d'une génération à l'autre. Le moteur est également inclus à 45° sur la gauche et basculé de 6° vers l'arrière, afin d'abaisser la ligne de capot et le centre de gravité. Malgré la configuration en V, le vilebrequin est dessiné pour obtenir des intervalles d'allumage réguliers, contrairement à ce que l'on pourrait attendre d'un V4 à angle aussi fermé.

Une mécanique de haut de gamme sur une petite cylindrée

Le bloc-cylindres est en fonte, tandis que la culasse, le carter et le carter d'huile sont en alliage d'aluminium coulé — un choix de matériaux et de finition inhabituel pour une voiture de ce segment, digne selon Driven to Write des mécaniques les plus exclusives de l'époque.

Une occasion manquée : le rapprochement avec Saab

Selon Driven to Write, le constructeur suédois Saab, cherchant au milieu des années 1960 un groupe motopropulseur compact pour remplacer son deux-temps vieillissant, aurait envisagé de prendre en licence le V4 Lancia avant de finalement choisir le V4 Ford (dérivé de la Ford Taunus 12M/15M, projet « Cardinal »). Cette anecdote est directement corroborée, de façon indépendante, par la fiche consacrée à ce choix technique dans le corpus saab-96/ : l'équipe suédoise dirigée par Rolf Mellde avait comparé sept motorisations quatre-temps candidates, dont un V4 Lancia, avant de retenir le Ford pour une raison purement dimensionnelle — voir Opération Kajsa : le secret industriel derrière le passage au V4. Le moteur Lancia, plus compact mais plus complexe à produire, n'a donc manqué cette seconde carrière que de peu.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
driventowrite.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci