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§ 02 · Moteur

Pas de marche arrière... mais un moteur qui tourne à l'envers : la solution la plus originale du KR200

Messerschmitt KR175/KR200 · 1953–1964 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un problème simple, une solution radicale

Ni le KR175 ni le KR200 ne disposent d'un rapport de marche arrière au sens conventionnel du terme, c'est-à-dire un pignon dédié dans la boîte de vitesses. Plutôt que d'ajouter cet organe supplémentaire — coûteux et encombrant sur un véhicule aussi dépouillé — les ingénieurs de Fritz Fend retiennent une solution bien plus radicale sur le KR200 : le moteur peut tout simplement fonctionner dans les deux sens de rotation du vilebrequin. Pour reculer, le conducteur coupe le moteur puis le relance, celui-ci redémarrant alors en tournant dans le sens inverse du sens normal de marche avant.

Une manœuvre déclenchée... par la clé de contact elle-même

Concrètement, ce changement de sens de rotation s'obtient en enfonçant la clé de contact plus profondément que sa position normale dans le barillet — un geste qui peut être parfaitement volontaire de la part d'un conducteur expérimenté, mais qui peut tout aussi bien survenir par inadvertance. Le moteur est équipé de deux jeux distincts de vis platinées (rupteurs) pour permettre cette double temporisation d'allumage selon le sens de rotation. Conséquence amusante de cette architecture : la boîte de vitesses séquentielle à quatre rapports offre exactement les mêmes quatre démultiplications en marche arrière qu'en marche avant — une caractéristique unique que peu d'automobiles, à quelque époque que ce soit, peuvent revendiquer. Il devient ainsi théoriquement possible de reculer à la vitesse maximale du véhicule en quatrième rapport « inversé », une plaisanterie récurrente parmi les propriétaires et restaurateurs du modèle.

Un levier de vitesses qui garde une fonction de sécurité

Le levier de sélection des rapports, situé sur la paroi du cockpit, est équipé d'un petit levier secondaire qui permet de replacer instantanément la boîte au point mort quel que soit le rapport engagé au moment de son actionnement — sans toutefois permettre de repartir directement dans un rapport autre que la première. Cette fonction de sécurité prend tout son sens compte tenu de l'absence de tout embrayage au pied sur certaines évolutions du modèle et de la nature séquentielle, donc non synchronisée, de la boîte (voir Au guidon d'un Messerschmitt : une position de pilotage entre avion et kart pour le détail des commandes de conduite).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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