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§ 11 · Compétition records

Le FMR Tg500 « Tiger » : la version à quatre roues qui change tout, sauf le nom qu'on ne pouvait pas lui donner

Messerschmitt KR175/KR200 · 1953–1964 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Le chef-d'œuvre que Fend voulait produire depuis longtemps

Une fois à la tête de sa propre entreprise (voir 1955-1956 : Messerschmitt retrouve le ciel, Fend rachète l'usine et fonde FMR), Fritz Fend nourrit l'ambition de produire une version radicalement plus performante de son Kabinenroller, supérieure en vitesse et en tenue de route à la version à trois roues. Le projet aboutit à l'été 1957 : Fichtel & Sachs, fournisseur historique du moteur monocylindre (voir Le monocylindre Fichtel & Sachs du Kabinenroller : architecture technique du 173 et du 191 cm³), dispose depuis un moment de plans pour un bicylindre deux-temps fixe de 400 cm³ restés dans un tiroir. Portée à 494 cm³, cette mécanique est retenue et effectivement fabriquée par FMR elle-même, associée à une boîte quatre rapports avec marche arrière — cette fois une véritable marche arrière mécanique, et non plus l'astuce d'inversion du sens de rotation moteur des KR175/KR200 (voir Pas de marche arrière... mais un moteur qui tourne à l'envers : la solution la plus originale du KR200).

Quatre roues, freins hydrauliques, sous-châssis inspiré de la compétition automobile

Contrairement aux KR175 et KR200, le Tg500 troque sa configuration à trois roues pour un véritable train à quatre roues, avec un sous-châssis arrière entièrement nouveau, comparé par une maison de ventes aux enchères à une conception « à la Formule 1 » pour sa suspension arrière totalement indépendante et réglable. Roues, bras de suspension avant, phares et freins sont tous agrandis par rapport au KR200 ; surtout, le véhicule reçoit un freinage hydraulique aux quatre roues, une première pour la plateforme Kabinenroller, qui se contentait jusque-là d'un système purement mécanique par câbles (voir Diriger au guidon : le système de direction le plus direct jamais monté sur une automobile de série). La caisse avant, la partie du monocoque en avant du sous-châssis, la suspension avant et le principe de direction au guidon restent en revanche directement hérités du KR200.

« Tiger » : un nom que Krupp interdisait d'utiliser

Présenté en septembre 1957 avec un grand retentissement médiatique en Allemagne, le nouveau modèle est immédiatement surnommé « Tiger » (Tigre) dans le langage courant — un nom qui correspond d'ailleurs à l'origine du sigle officiel « Tg ». Problème : la marque « Tiger » était déjà déposée en Allemagne par l'industriel Krupp, qui l'utilisait pour l'un de ses camions (et un modèle Panhard Dyna Z portait au même moment un nom similaire en France). FMR doit donc se rabattre sur une dénomination officielle nettement moins vendeuse, quelque chose comme « Tourenfahrzeug-Geländesport » (véhicule de tourisme et de sport tout-terrain) — mais ce nom de façade ne trompe personne, et le public continue d'appeler le véhicule « Tiger » jusqu'à aujourd'hui. Autre différence notable avec le KR200 : le Tg500 n'a jamais porté le nom ni l'insigne Messerschmitt, la marque étant badgée FMR dès l'origine, l'ancien avionneur n'ayant plus aucun lien juridique avec l'entreprise depuis la cession de 1956 (voir 1955-1956 : Messerschmitt retrouve le ciel, Fend rachète l'usine et fonde FMR).

Rapide pour un microcar, mais pas pour son prix

En configuration de série, le Tg500 abat le 0 à 97 km/h (60 mph) en 28 secondes environ pour une vitesse de pointe de 126 km/h (78 mph) — largement supérieur à un KR200 courant, mais nettement en retrait face à une Austin-Healey Sprite vendue à un tarif comparable à la même époque (21 secondes au 0 à 97 km/h, 132 km/h de pointe). Produit à seulement 320 exemplaires entre 1958 et 1961, dont une centaine et demie subsisteraient aujourd'hui selon une estimation de la maison de ventes aux enchères RM Sotheby's, le Tg500 est aujourd'hui considéré comme l'une des microcars les plus recherchées et les plus valorisées du marché de la collection (voir Combien coûte un Messerschmitt aujourd'hui ? De quelques milliers d'euros à 322 000 dollars) — un exemplaire à la finition la plus poussée provenant de la collection Bruce Weiner ayant atteint 322 000 dollars aux enchères.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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