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§ 10 · Production internationale

Sanctions, ruptures et reprises — la géopolitique de la 405 iranienne (2012-2018)

Peugeot 405 · 1987–1997 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'histoire industrielle de la 405 en Iran ne peut se comprendre sans son inscription dans la géopolitique des sanctions internationales visant Téhéran — un fil rouge qui traverse toute la seconde moitié de sa carrière iranienne et qui distingue radicalement son parcours de celui de n'importe quel autre modèle Peugeot.

2012 : la rupture imposée par l'entrée de General Motors au capital de PSA

Premier tournant majeur : en 2012, le groupe PSA, alors en difficulté financière, fait entrer l'américain General Motors à son capital. Le constructeur américain exige en retour que Peugeot respecte l'embargo américain visant l'Iran, alors renforcé dans le cadre du dossier nucléaire iranien. Peugeot cède à cette pression et rompt tous ses liens officiels avec Iran Khodro.

La production continue malgré tout

Cette rupture officielle ne met nullement fin à la production sur place : Iran Khodro poursuit la fabrication de la 405, de la Samand et de la Pars « comme si de rien n'était », selon les mots repris par carjager.com. Deux facteurs rendent cette continuité possible : d'une part, l'intégration de pièces d'origine iranienne dans ces modèles est déjà ancienne et de plus en plus poussée ; d'autre part, pour le reste, le constructeur importe des pièces de contrefaçon en provenance de Chine — sans plus reverser la moindre redevance à Peugeot. Une situation présentée par largus.fr comme une ironie de l'histoire : Peugeot, désormais « débarrassé » de son encombrant partenaire américain après la sortie de GM du capital de PSA, cherchera par la suite à renouer avec l'Iran.

2016 : une coentreprise à 50/50 et un investissement massif

Fin 2016, une coentreprise à parts égales (50/50) est créée entre PSA et Iran Khodro pour la fabrication officielle de la Pars, du SUV 2008 et de la 301 (une version tricorps à quatre portes et empattement allongé de la 208). L'investissement annoncé s'élève à 400 millions d'euros sur cinq ans. Le pari s'avère initialement payant : PSA capte jusqu'à 29 % de parts de marché en Iran, avec 447 000 ventes recensées en 2017 — faisant alors de ce pays le deuxième débouché mondial du groupe français.

2018 : la seconde rupture, sous la pression des sanctions Trump

Ce nouvel essor est de courte durée : en 2018, sous la menace de nouvelles sanctions américaines brandies par l'administration du président Donald Trump après le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, PSA est de nouveau contraint d'abandonner son second marché mondial et de cesser toute activité officielle en Iran. Comme en 2012, Iran Khodro poursuit néanmoins la production de la Pars de son côté, cette fois sans même le prétexte d'une coentreprise active.

Un cas d'école de résilience industrielle sous contrainte

Cette double séquence rupture/reprise/rupture — rare dans l'histoire industrielle automobile par sa répétition sur une aussi courte période — illustre la capacité d'Iran Khodro à maintenir une production automobile de grande série indépendamment de son partenaire d'origine, au prix d'une dépendance croissante à des pièces de contrefaçon importées de Chine plutôt qu'à des composants sous licence. Elle explique en grande partie pourquoi la 405/Pars a pu rester au catalogue iranien jusqu'en 2024, bien au-delà de toute logique de collaboration industrielle classique avec Peugeot (voir 2024 — la fin de la production iranienne et le bilan de la troisième Peugeot la plus vendue).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
largus.fr
Auteur du site
Gatien-Hugo Riposseau (L'argus)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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