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§ 10 · Production internationale

2024 — la fin de la production iranienne et le bilan de la troisième Peugeot la plus vendue

Peugeot 405 · 1987–1997 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une industrie automobile iranienne devenue un poids lourd régional

Au moment où sa production s'arrête, l'ampleur de l'industrie automobile iranienne qui a porté la 405/Pars pendant plus de trente ans donne la mesure du phénomène : avec près de 1,2 million de véhicules fabriqués en 2023, l'Iran se classe alors au seizième rang mondial des pays producteurs d'automobiles, cette industrie représentant environ 10 % du PIB national et sa troisième source de revenus derrière le pétrole et le gaz. Parmi les dix modèles alors produits par Iran Khodro (IKCO) figurent trois Peugeot : les 207 et 2008 modernes, et « l'antédiluvienne » 405, rebaptisée Pars depuis 2001.

Les raisons de l'arrêt : des normes, pas un choix commercial

Contrairement aux ruptures de 2012 et 2018, dictées par la géopolitique des sanctions (voir Sanctions, ruptures et reprises — la géopolitique de la 405 iranienne (2012-2018)), l'arrêt de 2024 obéit à une tout autre logique : le durcissement des normes de sécurité et de dépollution iraniennes rend la Pars, dont l'architecture technique remonte pour l'essentiel aux années 1980, impossible à maintenir en conformité sans une refonte que le constructeur ne juge plus rentable pour un modèle aussi ancien.

Un bilan chiffré exceptionnel

Avec plus de 5 millions d'exemplaires vendus au total, toutes générations et tous dérivés confondus (405 d'origine, Roa, Samand, Persia/Pars — voir Samand, Persia, Pars — les dérivés iraniens développés sur base 405), la 405 termine sa carrière comme la troisième Peugeot la plus vendue de l'histoire, derrière la 205 et la 206. Ce résultat doit presque tout à sa carrière iranienne : rappelons que la production assurée directement par Peugeot, entre 1987 et 1996 en Europe et dans le reste du réseau international (voir Le réseau mondial de production de la 405, hors Iran), plafonne à un peu moins de 2,5 millions d'unités — soit moins de la moitié du total mondial final. C'est donc bien la Pars et ses dérivés, produits sans interruption ou presque pendant près de trois décennies après l'arrêt français, qui ont fait basculer la 405 dans le cercle très fermé des plus gros succès commerciaux de la marque au lion.

Une lignée qui continue d'essaimer ailleurs

La fin de la production en Iran même ne signifie pas nécessairement l'extinction totale de la lignée technique de la 405 : plusieurs implantations satellites d'Iran Khodro à l'étranger — assemblage de la Pars en Irak depuis 2014-2015 à partir d'éléments importés d'Iran, puis en Azerbaïdjan depuis 2019 sous le nom de Peugeot Khazar 406 via une coentreprise locale (Azeurocar/AzerMash) — ont pu, selon les sources et les dates exactes de chacune, prolonger localement et de façon marginale la production de véhicules directement dérivés de la plateforme 405 au-delà même de l'arrêt du site historique de Téhéran.

Un symbole du fossé entre carrière européenne et carrière mondiale

La comparaison est frappante : discrètement retirée des routes françaises en 1996 après seulement neuf ans de commercialisation, la 405 aura connu en Iran une seconde vie près de quatre fois plus longue que sa carrière européenne d'origine — un cas d'école, documenté ici avec toute la rigueur factuelle requise, de la façon dont une plateforme automobile occidentale relativement modeste peut devenir, sous l'effet conjugué d'accords industriels, de sanctions internationales et de contournements techniques, un pilier de l'industrie nationale d'un pays tiers pendant plus d'une génération.

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Provenance de cette fiche
Site source
largus.fr
Auteur du site
Gatien-Hugo Riposseau (L'argus)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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