Les copieurs — Dodge Super Bee, Ford Torino Cobra et le segment de l'« econo-racer »
Le sort classique de tout succès dans l'industrie automobile américaine
À l'image de ce qui s'était déjà produit pour la Pontiac GTO quelques années plus tôt (voir La genèse de 1966-1968 — le mémo de Brock Yates et le concept d'« econo-racer » et muscle-car-wars-escalade-puissance-contexte-annees-1960-gto, dossier pontiac-gto/), le succès inattendu du Road Runner dès 1968 déclenche une vague immédiate d'imitation dans l'ensemble de l'industrie américaine — chaque grande marque cherchant à décliner sa propre version du muscle car dépouillé et abordable.
Dodge réplique en interne, avec sa propre mascotte
Dodge, division sœur de Plymouth au sein du groupe Chrysler, ne pouvait laisser un tel succès sans réponse directe : la marque lance dès le milieu de ce même millésime 1968 la Coronet Super Bee, dotée d'une mécanique très proche de celle du Road Runner mais affublée de sa propre mascotte de bande dessinée, cette fois conçue en interne plutôt que licenciée auprès d'un studio extérieur — une manière d'éviter à la fois le coût de la licence Warner Bros. et le risque de cannibaliser trop directement l'image du Road Runner sur le même segment (voir L'idée du siècle un samedi matin — la licence Warner Bros. pour le nom et le klaxon). Selon Ate Up With Motor, la Super Bee n'est cependant jamais parvenue à égaler la force d'image ni les volumes de vente de son inspiration directe.
Ford louvoie autour d'un nom déjà pris
Chez Ford, la réponse prend la forme de la Torino Cobra — un choix de nom qui doit beaucoup, selon Ate Up With Motor, à une contrainte purement juridique : la marque tenait à conserver ses droits sur l'appellation « Cobra », récemment libérée par l'arrêt de production de la Shelby Cobra, plutôt qu'à une réelle inspiration créative comparable à celle qui avait présidé au choix du nom Road Runner.
Chevrolet, seule à ne pas se doter d'un modèle dédié
Chevrolet se distingue en ne proposant aucun modèle spécifiquement dédié à ce segment de l'« econo-racer » : Ate Up With Motor relève qu'il restait néanmoins possible de composer, à partir du bon de commande de la Chevelle/Malibu, une configuration équivalente en cochant judicieusement les bonnes options — une approche plus discrète, cohérente avec l'absence, chez ce constructeur, d'une icône de dessin animé ou d'un nom de code marketing équivalent à ceux déployés par Plymouth et Dodge.
Voir aussi
- La genèse de 1966-1968 — le mémo de Brock Yates et le concept d'« econo-racer »
- L'idée du siècle un samedi matin — la licence Warner Bros. pour le nom et le klaxon
- Le lancement de 1968 — un succès commercial qui dépasse toutes les prévisions
- muscle-car-wars-escalade-puissance-contexte-annees-1960-gto (dossier pontiac-gto/)
- the-judge-1969-genese-laugh-in-royal-bobcat (dossier pontiac-gto/)
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- La genèse de 1966-1968 — le mémo de Brock Yates et le concept d'« econo-racer »Plymouth Road Runner · Histoire et modèles
- L'idée du siècle un samedi matin — la licence Warner Bros. pour le nom et le klaxonPlymouth Road Runner · Histoire et modèles
- Le lancement de 1968 — un succès commercial qui dépasse toutes les prévisionsPlymouth Road Runner · Histoire et modèles