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§ 02 · Partenariat better place

Better Place : la fondation par Shai Agassi (2007) et un modèle économique calqué sur l'abonnement mobile

Renault Fluence Z.E. · 2011–2020 · 3 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Une question posée à Davos, à l'origine du projet

L'entreprise Better Place est fondée en 2007 par Shai Agassi, entrepreneur israélien passé par SAP, qui la présente publiquement sous le nom de « Project Better Place » le 29 octobre 2007. Selon le récit qu'Agassi en fera lui-même à plusieurs reprises, le projet trouve son origine dans une question posée par Klaus Schwab lors du Forum économique mondial de Davos de 2005 : « Comment rendre le monde meilleur d'ici 2020 ? ». Agassi y voit l'opportunité de s'attaquer à la dépendance automobile au pétrole non pas en vendant une voiture électrique de plus, mais en construisant l'infrastructure qui la rendrait réellement praticable à grande échelle.

Une entreprise d'infrastructure, pas un constructeur automobile

Le point essentiel à retenir pour comprendre la suite de l'histoire est que Better Place n'est à aucun moment un constructeur automobile : c'est un opérateur d'infrastructure de recharge et d'échange de batteries, sur le modèle de ce que Renault-Nissan appellera un « Electric Recharge Grid Operator » (ERGO). Le véhicule — en l'occurrence la seule Renault Fluence Z.E. — n'est que le support matériel de ce service, exactement comme un téléphone mobile est le support d'un abonnement opérateur.

Le modèle économique : vendre la voiture, louer les kilomètres

Le modèle économique de Better Place répond précisément à cette analogie avec la téléphonie mobile : le client achète le véhicule (moins cher que son équivalent thermique, la batterie n'étant pas incluse dans le prix) puis paie un abonnement kilométrique mensuel couvrant l'électricité consommée et l'accès au réseau de recharge et d'échange, à la manière d'un forfait de communication. Better Place reste propriétaire de la totalité des batteries en circulation, ce qui lui permet en théorie d'amortir leur coût sur leur usage réel plutôt que de le répercuter intégralement sur le prix d'achat du véhicule — l'objectif affiché étant de réduire le coût d'acquisition d'environ 5 000 dollars par rapport à une voiture thermique équivalente, l'un des principaux freins identifiés à l'adoption de l'électrique à cette époque.

Une infrastructure logicielle pensée pour le pilotage du réseau électrique

Au-delà des seules stations d'échange, Better Place développe une plateforme logicielle de gestion de charge à grande échelle (bâtie sur des processeurs Intel Atom et le framework .NET), destinée à décaler automatiquement la demande de recharge en dehors des heures de pointe afin de ne pas surcharger le réseau électrique — une préoccupation d'ingénierie systémique qui anticipe des débats aujourd'hui classiques sur le pilotage intelligent de la recharge de masse.

Un accord avec l'Alliance Renault-Nissan dès janvier 2008

C'est dans ce contexte que Better Place signe, dès janvier 2008, un protocole d'accord avec l'Alliance Renault-Nissan pour développer ensemble ce modèle ERGO — Renault fournissant le véhicule, Better Place construisant et exploitant l'infrastructure (voir L'accord Renault-Nissan / Better Place de janvier 2008 : naissance du modèle « Electric Recharge Grid Operator »). Ce partenariat, conclu près de deux ans avant le dévoilement du concept Fluence Z.E. à Francfort, montre que l'alliance entre les deux entreprises précède en réalité le véhicule lui-même : c'est bien Better Place qui recherche un constructeur partenaire pour donner corps à son modèle d'infrastructure, plutôt que Renault qui aurait cherché après coup un débouché commercial pour une technologie de batterie échangeable déjà développée en interne.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, cleantechnica.com, medium.com (TheBigCollapse)
Date d'extraction
16 sept. 2026
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