La crise de direction de Better Place : la démission de Shai Agassi (octobre 2012)
Un fondateur écarté de sa propre entreprise
Les premiers signes publics de la crise qui conduira à la faillite de Better Place apparaissent à l'automne 2012. Le 2 octobre 2012, Shai Agassi démissionne de son poste de PDG mondial de l'entreprise qu'il a fondée cinq ans plus tôt, remplacé par Evan Thornley, jusque-là à la tête de la filiale australienne de Better Place. Agassi quitte également le conseil d'administration dans la semaine qui suit sa démission — une sortie rapide et complète, révélatrice de tensions profondes entre le fondateur et les actionnaires financiers de l'entreprise sur la trajectoire à suivre.
Une demande de financement d'urgence et des licenciements massifs
Le même mois, Better Place sollicite un financement d'urgence d'environ 100 millions de dollars auprès de ses investisseurs, tout en annonçant le licenciement de 150 à 200 personnes sur un effectif israélien total d'environ 400 salariés — soit près de la moitié des effectifs du siège. Cette double annonce, financement d'urgence et plan social simultané, marque le moment où la trajectoire de l'entreprise bascule publiquement de la phase de développement ambitieux à celle de la gestion de crise.
Un second changement de direction, dès janvier 2013
La direction de Thornley ne dure que trois mois : en janvier 2013, il est démis de ses fonctions par le président du conseil d'administration Idan Ofer, remplacé par Dan Cohen comme PDG par intérim. Dans la foulée de ce nouveau changement de direction, l'expansion australienne du réseau est suspendue afin de concentrer les ressources restantes sur les deux seuls marchés véritablement engagés, Israël et le Danemark.
Une succession de décisions révélatrices d'une entreprise à bout de souffle
Cette accumulation en moins de quatre mois — démission du fondateur, licenciements massifs, demande de financement d'urgence, deuxième changement de direction, abandon d'un marché entier — dessine le tableau d'une entreprise dont la trajectoire financière s'est dégradée bien plus vite que ne le laissait paraître sa communication publique des années précédentes. Elle précède de quatre mois seulement le dépôt de bilan officiel du 26 mai 2013 (voir La faillite de Better Place (26 mai 2013) : 850 millions de dollars investis, moins de 1 500 véhicules vendus).
Voir aussi
- Better Place : la fondation par Shai Agassi (2007) et un modèle économique calqué sur l'abonnement mobile
- La faillite de Better Place (26 mai 2013) : 850 millions de dollars investis, moins de 1 500 véhicules vendus
- Renault tourne la page des batteries interchangeables : l'annonce de Carlos Ghosn du 6 mai 2013
- Site source
- en.wikipedia.org, cleantechnica.com, timesofisrael.com
- Date d'extraction
- 16 sept. 2026
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