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§ 02 · Moteur

Le moteur Turbo essence 1 565 cm3 — une première pour un modèle Renault de grande diffusion, pas pour la marque

Renault Fuego · 1980–1986 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Le moteur lui-même : un Cléon-Alu retravaillé, pas une simple reprise

Le bloc du Turbo essence, apparu au restylage de 1984, est un quatre cylindres Cléon-Alu de 1 565 cm3 (alésage réduit par rapport au 1 647 cm3 de la GTS pour rester sous le seuil fiscal des 1 600 cm3), suralimenté par turbocompresseur et développant 132 ch pour 200 N m de couple, permettant d'atteindre 200 km/h. Ce même bloc turbocompressé équipe à la même époque la Renault 18 Turbo, mais dans une version moins poussée, plafonnée à 125 ch : selon planeterenault.com, Renault a spécifiquement retravaillé la cartographie et l'admission de la version Fuego pour lui donner 7 ch supplémentaires et surtout un meilleur agrément de conduite dans les tours hauts — une différenciation technique délibérée entre deux modèles partageant pourtant la même base mécanique (voir Genèse (1976-1980) — remplacer les Renault 15 et 17 sur une base Renault 18).

« Premier turbo essence Renault » : une formule à manier avec précision

Il est courant de lire que la Fuego Turbo inaugure la suralimentation essence chez Renault. Cette affirmation mérite d'être précisée pour ne pas entrer en contradiction avec d'autres pans déjà bien documentés de l'histoire de la marque :

  • La Renault 5 Turbo, lancée dès 1980, est bien antérieure de trois ans : c'est donc elle, et non la Fuego, qui inaugure réellement le turbocompresseur essence sur une voiture de route Renault vendue au public (voir le dossier renault-5/, notamment sa fiche sur la genèse du modèle, non reprise ici). Elle s'en distingue cependant radicalement : conçue comme une spéciale d'homologation à moteur central arrière pour le rallye Groupe 4 puis Groupe B, produite en quelques milliers d'exemplaires seulement et intégrant dès l'origine une injection mécanique Bosch K-Jetronic, elle relève d'une tout autre catégorie industrielle que la Fuego Turbo — un modèle de grande série, à moteur avant classique, assemblé sur les mêmes chaînes que le reste de la gamme.
  • La Formule 1, où Renault engage dès 1977 le programme qui fera basculer durablement la discipline vers le turbocompresseur, relève d'un tout autre registre encore : celui de la compétition pure, sans lien mécanique direct avec les blocs Cléon-Alu ou Douvrin de la gamme routière. Une source argentine consultée pour ce dossier (infobae.com) prête d'ailleurs explicitement à la Fuego Turbo une filiation technologique directe avec cette expérience en Formule 1 — une affirmation à la formulation séduisante mais qui n'est reprise par aucune des sources techniques françaises ou anglophones consultées, et que ce dossier rapporte donc avec la plus grande prudence, comme un raccourci narratif plausible plutôt que comme un fait technique établi.
  • La Fuego elle-même avait déjà inauguré la suralimentation sur sa propre gamme un an plus tôt, mais côté diesel, avec la Turbo D d'octobre 1982 — voir Le moteur Turbo Diesel 2 068 cm3 (J8S) — robustesse légendaire, agrément contesté.

La formule la plus rigoureuse, et celle que retient ce dossier, est donc la suivante : la Fuego Turbo de 1984 est le premier moteur turbocompressé essence de Renault installé sur un modèle de grande diffusion, à moteur avant et destiné au grand public — une nuance nécessaire face à la R5 Turbo, elle bien antérieure mais construite en petite série pour l'homologation sportive.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), planeterenault.com, en.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), theoriginals.renault.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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