Une direction floue, un confort phénoménal — le caractère routier de la P4
Un confort qui reste, encore aujourd'hui, la qualité première du modèle
Les essais routiers, contemporains comme rétrospectifs, s'accordent unanimement sur le point fort majeur de la P4 : un confort de suspension remarquable pour son époque, capable d'absorber sans broncher même les dos-d'âne les plus prononcés — une caractéristique cohérente avec la vocation de la voiture, pensée pour le trajet professionnel confortable plutôt que pour la performance pure (voir « Auntie Rover » — comment une voiture jugée trop moderne en 1949 devient le symbole du conservatisme britannique).
Une direction jugée sévèrement par les standards modernes
Ce confort a néanmoins un revers documenté par plusieurs essais : la direction de la P4 est décrite comme particulièrement floue et dénuée de sensations, lourde à basse vitesse, tandis que le centre de gravité élevé combiné à des suspensions souples engendre un roulis de caisse prononcé dans les virages pris à allure soutenue. Ces défauts, caractéristiques de l'école britannique de conception automobile des années 1950 privilégiant systématiquement le confort sur la précision de conduite, n'ont rien d'exceptionnel pour l'époque, mais tranchent nettement avec la rigueur routière que revendiquera la P6 une décennie plus tard, conçue d'emblée avec un pont De Dion et des trains roulants pensés pour la précision (voir Le pont De Dion de la P6 et ses quatre freins à disque — une sophistication rare pour 1963, dossier rover-p6-sd1/).
Une voiture à la fois pour le tranquille et pour l'exigeant
Un jugement d'époque résume bien cette dualité : la P4 est décrite comme « également satisfaisante pour le connaisseur placide que pour les exigences plus poussées du conducteur pressé » — un compliment à double tranchant qui traduit surtout la polyvalence de la gamme, du modeste 60 économique jusqu'au 110 nettement plus performant (voir Sept déclinaisons en quinze ans — l'évolution complète de la gamme P4 (60 à 110)), plutôt qu'une réelle vocation sportive de l'ensemble de la gamme.
Voir aussi
- « Auntie Rover » — comment une voiture jugée trop moderne en 1949 devient le symbole du conservatisme britannique
- Sept déclinaisons en quinze ans — l'évolution complète de la gamme P4 (60 à 110)
- Le roue libre de la P4 — une particularité de conduite héritée d'avant-guerre, disparue en 1959
- Un ronronnement plutôt qu'un rugissement — le caractère routier de la P5B
- Site source
- classics.honestjohn.co.uk ; classicsworld.co.uk
- Date d'extraction
- 16 sept. 2026
- Le pont De Dion de la P6 et ses quatre freins à disque — une sophistication rare pour 1963Rover P6 & SD1 · Freins trains pneus
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