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§ 09 · Conduite

Témoignages de propriétaires — Rosemary Smith, Graham Vickery et une virée au Mans Classic à 125 mph

Sunbeam Alpine & Sunbeam Tiger · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Au-delà des essais chronométrés d'époque (voir La presse d'époque face au Tiger — « pas plus féroce qu'un chat de salon »), plusieurs témoignages directs de pilotes et de propriétaires — certains ayant côtoyé le modèle dès les années 1960 — dessinent le portrait d'une voiture au caractère double, entre brutalité assumée et étonnante docilité.

Rosemary Smith, ancienne pilote d'usine Rootes

Ancienne pilote officielle Rootes, Rosemary Smith a disputé le Rallye de Genève 1964 au volant d'un Tiger, après avoir couru jusque-là sur une Hillman Imp qu'elle juge, par comparaison, nettement moins véloce. Elle décrit le Tiger comme une voiture exigeante, lourde à manier, dont l'arrière décroche facilement sans direction assistée — un équipement que beaucoup de propriétaires actuels ajoutent aujourd'hui pour en faciliter la conduite. Devenue présidente d'honneur du Sunbeam Tiger Owners' Club, elle a repris le volant du prototype AF6 en 2014 pour un rallye commémoratif jusqu'à Monaco (voir Le dernier Tiger, les Tiger de la police londonienne, et les rares Mark II à conduite à droite).

Graham Vickery, propriétaire du tout dernier Tiger produit

Graham Vickery, vice-président du Sunbeam Tiger Owners' Club britannique et propriétaire depuis 1992 du tout dernier Tiger sorti des chaînes Jensen (châssis B382100633, voir Le dernier Tiger, les Tiger de la police londonienne, et les rares Mark II à conduite à droite), a fait un tour de piste mémorable au Mans Classic en 2004, accompagné de Jimmy Blumer, qui avait couru un Tiger d'usine sur ce même circuit en 1964. Alors âgé de près de 80 ans, Blumer lance la voiture à pleine charge dans le virage de Tertre Rouge jusqu'à la ligne droite des Hunaudières, atteignant environ 125 mph à 5 000 tr/min en dernier rapport — un moment qu'il évoquera ensuite comme une expérience rajeunissante. Vickery insiste sur le tempérament « à tout faire » du Tiger, une polyvalence qui le distingue selon lui de l'AC Cobra, plus radicale : rallye historique, course sur circuit, tourisme au long cours, la même voiture peut, selon lui, remplir tous ces rôles.

Mick Walsh et Julian Balme, deux passionnés de longue date

Le journaliste Mick Walsh, contributeur de Classic & Sports Car, raconte être venu au Tiger après des débuts frustrants en compétition amateur sur une Alfa Romeo Duetto, séduit par le lien du modèle avec Ken Miles. Il évoque un week-end fondateur au Pirelli Classic Marathon de 1990 — un rallye longue distance de 3 000 miles à travers l'Europe jusqu'à Cortina d'Ampezzo, incluant une montée du col du Stelvio à l'aube pour éviter les cars de touristes. Son confrère Julian Balme raconte de son côté avoir découvert le modèle presque par hasard, sa femme ayant acheté une Alpine Série V de son propre chef avant qu'un arrêt à un feu rouge à côté d'une Ford Mustang ne lui révèle le potentiel d'un tel mariage mécanique. Balme insiste sur le caractère sous-coté du Tiger comparé à la Cobra — plus lourd, moins radical, mais aussi plus confortable qu'une Austin-Healey — tout en reconnaissant que la plupart des exemplaires ont connu, dans les années 1970, des transformations de fortune aux mains de préparateurs amateurs peu inspirés.

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Provenance de cette fiche
Site source
classicandsportscar.com (Malcolm Thorne, 3 novembre 2023, initialement publié en avril 2017)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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