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§ 03 · Fabrication artisanale

La peinture noire Kamui — sept couches à la main et un lien revendiqué avec le miroir sacré impérial

Toyota Century · depuis 1967 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une teinte mise au point spécifiquement pour la troisième génération

Bien que la Century ait toujours proposé plusieurs teintes de carrosserie — l'article Wikipédia francophone cite notamment le bleu Mashū Shrine, le gris Rinpo Glorious, le gris argent Seika Radiant ou le bleu Seiun Cloud — c'est le noir qui reste sa couleur signature depuis l'origine. Pour la troisième génération (G60, 2018), Toyota développe une teinte noire inédite baptisée Kamui (カムイ), un terme emprunté à la langue aïnoue désignant une entité spirituelle ou divine, pensée pour évoquer l'aspect d'une laque noire traditionnelle plutôt qu'une simple peinture automobile.

Un processus de mise en peinture délibérément plus long que la norme

Là où une automobile de série reçoit généralement quatre couches de peinture, la Century en reçoit sept, dont une couche vernis finale teintée de pigment noir pour renforcer la profondeur optique du noir. Entre chaque couche, la carrosserie subit un ponçage humide répété (trois fois selon l'article officiel Toyota consulté), destiné à effacer les moindres irrégularités microscopiques avant l'application de la couche suivante. Un journaliste de Jalopnik ayant eu accès au processus de fabrication en 2019 rapporte que chaque couche des sept nécessite environ quatre heures et demie de ponçage humide, et que seuls quatre ouvriers de l'usine étaient alors qualifiés pour intervenir sur la peinture de la Century — un chiffre qui illustre concrètement le goulot d'étranglement artisanal derrière le plafond de production mensuel du modèle (voir La troisième génération (G60, 2018-) — la rupture hybride et la fin du gros moteur atmosphérique). L'étape finale est un polissage miroir, visant à éliminer toute trace de trouble ou de voile dans la finition.

Une formation externe auprès des maîtres-laqueurs de Wajima

Fait notable relevé par la documentation officielle Toyota : avant chaque lancement de nouvelle génération, les ouvriers de l'atelier peinture se rendent dans des ateliers de laque de Wajima (préfecture d'Ishikawa), l'un des artisanats de laque traditionnelle les plus réputés du Japon, pour s'imprégner des techniques ancestrales de cette production. L'objectif affiché est de transposer, sur une carrosserie automobile, la profondeur et le lustre propres à la laque noire traditionnelle japonaise — une démarche de transfert de savoir-faire artisanal rarement documentée avec une telle précision dans l'industrie automobile mondiale.

Une explication culturelle complémentaire : le miroir sacré

L'article Wikipédia francophone consacré à la Century avance une explication complémentaire à la seule tradition de la laque : la recherche d'une finition miroir sur la carrosserie serait directement inspirée du Yata no Kagami, le miroir sacré qui figure, aux côtés de l'épée Kusanagi et du joyau Yasakani no Magatama, parmi les trois insignes impériaux (regalia) du Japon, et qui symbolise traditionnellement la sagesse. Cette explication, non reprise telle quelle par les sources anglophones consultées pour ce dossier (qui insistent surtout sur la technique de laque et sur la fonction pratique de la finition miroir — permettre aux passagers de rajuster leur tenue en sortant du véhicule), est consignée ici comme une lecture symbolique complémentaire plutôt que concurrente, les deux registres d'explication (technique artisanale et symbolique impériale) n'étant nullement incompatibles.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
global.toyota, fr.wikipedia.org, jalopnik.com, topgear.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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