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§ 02 · Moteur

Les transmissions de la Tucker 48 — des boîtes Cord d'occasion au projet Tuckermatic de Warren Rice

Tucker 48 · 2 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Une solution de premier recours empruntée à la Cord 810/812

Pour équiper ses premières voitures de série, Tucker adapte une boîte de vitesses préexistante : celle de la Cord 810/812, une traction avant produite dans les années 1930, associée à une boîte 4 vitesses Auburn Gear et à un système de passage des rapports électro-pneumatique, le « Electric Hand » de Bendix. Le choix peut surprendre : la Cord avait, à son lancement en 1936, une réputation de fiabilité mécanique médiocre — ses transmissions posaient de tels problèmes lors du Salon de New York de 1936 que la plupart des exemplaires exposés l'étaient sans transmission installée, précisément pour dissimuler le défaut. Faute de mieux dans l'urgence, Tucker fait remettre en état dix-huit transmissions Cord d'occasion, sur les vingt-deux récupérées dans des casses automobiles, pour les installer sur les premières voitures de série — un choix dont le coût de remise en état (223 105 dollars pour 25 unités selon une analyse ultérieure) sera cité au procès comme un exemple des méthodes de développement jugées peu rigoureuses de l'entreprise (voir La thèse d'un complot des Big Three et de Homer Ferguson — une interprétation répandue, pas un fait juridiquement établi).

La transmission Ypsilanti Y-1, une redéfinition pour la production de masse

Face aux limites de la solution Cord, la société Ypsilanti Machine and Tool Company — celle-là même fondée par Tucker avant la guerre (voir Preston Tucker avant la Tucker 48 — jeunesse, courses automobiles et ventures militaires (1903-1944)) — reconçoit entièrement la transmission pour la rendre compatible avec une production de masse : nouveaux engrenages, nouveaux arbres, et conservation du principe de commande électro-pneumatique. Cette version, désignée Ypsilanti Y-1, comme la Cord d'origine, ne dispose d'aucune liaison mécanique directe entre le levier de commande et la colonne de direction, la totalité du passage des rapports reposant sur le système électro-pneumatique Bendix.

Le Tuckermatic, une transmission automatique inédite restée expérimentale

En parallèle, Tucker confie à Warren Rice — concepteur, chez Buick, de la célèbre transmission automatique Dynaflow — le développement d'une transmission entièrement nouvelle : le Tuckermatic, une boîte à variation continue dotée d'un unique convertisseur de couple monté à l'arrière et ne comptant que 27 pièces mobiles fondamentales, soit environ 90 pièces de moins que les transmissions automatiques concurrentes de l'époque. Trois versions successives voient le jour : la R-1 (nécessitant de couper le moteur pour changer de rapport), la R-1-2 (améliorée par l'ajout d'un frein d'arbre intermédiaire, installée sur les voitures numérotées #1026 et #1042), et la R-3 (dotée d'un embrayage centrifuge, probablement destinée à la voiture #1048). Le convertisseur de couple externe du Tuckermatic impose, à partir de la voiture #1026, de déplacer le réservoir de carburant, initialement situé derrière la banquette arrière, vers l'avant du tableau de bord.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
16 sept. 2026
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