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§ 12 · Culture documentation

La Coupe Autobianchi A112 Abarth (1978-1982) — le monomarque français de Chardonnet, et l'impasse du Groupe 5

Autobianchi A112 · 1969–1986 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le Le Trofeo A112 Abarth (1977-1984) — l'école de rallye qui a lancé Bettega, Tabaton et Cunico n'est pas resté une exclusivité italienne : la France a connu, à la même époque, sa propre formule monomarque, organisée indépendamment par l'importateur André Chardonnet (voir André Chardonnet — l'importateur qui a fait de l'A112 un succès en France et en rallye) — un volet de l'histoire sportive de l'A112 Abarth qui mérite d'être distingué du trophée transalpin plutôt que fondu avec lui.

Chardonnet, engagé en personne dans le rallye dès 1975

Selon Automobile Sportive, André Chardonnet ne se contente pas de financer le développement commercial de l'Abarth 70 HP (voir Les moteurs Abarth de l'A112 — du 982 cm³ (58 ch) au 1 050 cm³ « Brésil » (70 ch)) : il s'engage lui-même en compétition dès 1975, au volant d'une Lancia Stratos (dont il est par ailleurs l'importateur français depuis 1973), tout en soutenant l'écurie Aseptogyl, qui aligne des A112 Abarth en Groupe 2. Son propre atelier de préparation, situé à Bobigny et dirigé par Jacques Levacher, prépare des A112 dont la puissance est portée à 90 ch à 7 250 tr/min grâce à une modification des conduits d'admission de la culasse — réalisée, selon la même source, sur les conseils de l'ingénieur Aurelio Lampredi. Cette attribution rejoint celle, déjà rapportée avec prudence dans Les moteurs Abarth de l'A112 — du 982 cm³ (58 ch) au 1 050 cm³ « Brésil » (70 ch), du rôle de Lampredi dans la mise au point du 1 050 cm³ de série : les deux mentions proviennent toutefois du même article et du même auteur, et ne constituent donc pas un recoupement indépendant à proprement parler — la prudence méthodologique déjà appliquée à la première mention reste de mise ici. Les A112 ainsi préparées se montrent très fiables et engrangent de nombreuses victoires de classe au Monte-Carlo, au Tour de Corse et à Antibes (voir le palmarès général dans L'A112 Abarth en compétition internationale — victoires de classe à Monte-Carlo et au Tour de Corse).

Une impasse technique : le prototype Groupe 5 de 1977

Toujours selon Automobile Sportive, Chardonnet fait aussi construire, en 1977, une unique A112 de Groupe 5 recevant un bloc de 1 500 cm³ porté à 150 ch — présenté par la source comme provenant d'une Lancia Delta. Cette datation appelle une réserve méthodologique : la Lancia Delta n'a été commercialisée qu'à partir de 1979, ce qui rend délicate l'utilisation de son moteur sur un prototype de 1977 ; il pourrait s'agir d'une confusion de la source avec un autre modèle de la gamme Lancia contemporaine (Beta, par exemple), sans qu'aucune autre source consultée lors de cette session ne permette de trancher — voir sources/verification-croisee.md. Quoi qu'il en soit du moteur exact, cette première voiture est détruite alors qu'elle est acheminée en Italie pour une mise au point chez Abarth ; une seconde est rapidement reconstruite et dispute deux rallyes en 1979 aux mains de Jean-Luc Thérier et Charles Hoffmann — un attelage chevronné, Thérier comptant déjà plusieurs victoires internationales sur Alpine et Toyota. Le manque de freins et un châssis jugé dépassé pour un tel niveau de puissance mettent cependant fin à l'expérience après ces deux seules sorties, sans suite.

La Coupe Autobianchi A112 Abarth (1978-1982) : un monomarque sur épreuves spéciales, pas sur circuit

C'est dans ce contexte que Chardonnet Compétition crée la Coupe Autobianchi A112 Abarth, disputée de 1978 à 1982 — l'équivalent français du Trofeo italien, mais organisé et structuré indépendamment de lui. Les voitures engagées sont des A112 Abarth 70 HP de série, vendues avec un kit de transformation à 2 200 F comprenant deux harnais de sécurité, un coupe-circuit, un extincteur, des attaches renforcées de capot avant et de malle arrière, une barre anti-rapprochement pour le train avant, un protège-carter d'huile, deux projecteurs additionnels pour les spéciales nocturnes et un arceau boulonné — une voiture prête à courir revenant à 30 000 F. C'est précisément la présence de cette barre anti-rapprochement qui impose le classement en Groupe 2 plutôt qu'en catégorie tourisme de série.

Le règlement impose un fournisseur unique de pneumatiques, Kléber (partenaire de la Coupe), avec seulement deux références homologuées. La formule ne se dispute pas sur circuit mais sur les épreuves spéciales de rallyes existants, à raison d'une dizaine de manches par saison. Un détail témoigne du soin apporté par Chardonnet à l'identité visuelle de sa Coupe : les pilotes acceptant de prendre livraison de leur voiture en teinte bleu « céleste » — la couleur d'identification du monomarque — bénéficiaient d'une remise commerciale de 14 %. Le montepremi récompensait les dix premiers de chaque épreuve à hauteur de 12 000 F à se partager, et les trois premiers du classement annuel remportaient chacun une voiture neuve (une Lancia Beta 1300, une Autobianchi A112 Abarth et une Elegant). Dès la première manche, au rallye de Dore-Forez, 33 concurrents prennent le départ — un succès d'engagement à l'échelle française, quoique sans commune mesure avec l'ampleur du Trofeo italien et ses champions passés à la postérité (voir Le Trofeo A112 Abarth (1977-1984) — l'école de rallye qui a lancé Bettega, Tabaton et Cunico).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
automobile-sportive.com
Auteur du site
Aurélien Rabbia, L'Automobile Sportive
Date d'extraction
12 sept. 2026
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