Le GMC Motorhome — quand le groupe motopropulseur du Toronado prend la route en camping-car
Un plancher plat, un atout aussi pour l'habitat mobile
La traction avant du Toronado permet un plancher entièrement plat (voir La TH425 et sa chaîne Hy-Vo — comment le Toronado loge un V8 longitudinal en traction avant), mais dans une carrosserie de coupé aux dimensions dictées par le style plus que par la pure fonctionnalité — au point qu'un sondage de propriétaires Popular Mechanics de 1970 relève que certains acheteurs auraient souhaité voir cette architecture déclinée dans une carrosserie plus pratique. Bill Mitchell avait d'ailleurs très tôt suggéré un break dérivé du Toronado, sans suite (General Motors n'introduira ni berline ni break à traction avant dérivés de l'Unitized Power Package, et n'adoptera un fourgon à traction avant qu'en 1990, avec les monospaces U-body). C'est un autre département de General Motors, la division GMC Truck & Coach, qui reprend l'idée à son compte pour un tout autre usage.
Une idée déjà tentée en 1955, reprise pour de bon en 1969
GMC avait déjà flirté avec l'idée d'un fourgon à traction avant dès 1955, avec le concept L'Universelle (voir L'Unitized Power Package — une idée et un nom nés dix ans avant le Toronado), sans suite commerciale. La popularité croissante du camping-car (« recreational vehicle ») à la fin des années 1960 relance le projet sur des bases entièrement nouvelles : depuis 1963, le constructeur indépendant Clark Equipment Corporation commercialise un camping-car à traction avant, le Cortez, qui adopte lui-même le groupe motopropulseur du Toronado à partir de 1971 — bientôt suivi par d'autres petits constructeurs comme Tiara, Travoy ou Revcon. Convaincu du potentiel du marché, General Motors lance en 1969 un projet interne, désigné TVS-4 (« Travel Vehicle, Streamlined »), confié à la division GMC plutôt qu'à Chevrolet Truck en raison du gabarit et du poids total en charge envisagés pour l'engin.
Une mécanique dérivée du Toronado, une carrosserie en aluminium et composite
Le GMC Motorhome, dévoilé en février 1972 et commercialisé à partir de 1973, reprend le groupe motopropulseur, la suspension avant et les freins à disque du Toronado de seconde génération, renforcés pour encaisser la masse bien supérieure d'un camping-car. À la différence du Toronado, il bénéficie d'une suspension intégralement indépendante, avec un correcteur d'assiette hydropneumatique en option et des roues arrière jumelées guidées par bras tirés et poussés — une configuration alors inhabituelle pour ce type de véhicule. Sa carrosserie, associant aluminium et composite moulé, affiche un coefficient de traînée remarquablement bas pour la catégorie (0,31, hors climatisation de toit), fruit du travail du styliste en chef de GMC, Michael Lathers — General Motors va jusqu'à faire appel au magazine House & Garden pour coordonner les harmonies de coloris intérieurs, question de bon goût oblige.
Un succès d'estime plombé par le choc pétrolier
Commercialisé en deux longueurs (empattements de 140 et 160 pouces) et dans une large gamme de finitions, de 13 569 $ à environ 18 000 $, le Motorhome trouve plus de 2 000 acheteurs dès sa première année — un résultat honorable, quoique modeste à l'échelle des volumes habituels de GMC. Le choc pétrolier de l'automne 1973 freine brutalement cette dynamique, malgré une consommation somme toute raisonnable pour la catégorie (10 à 11 mpg). La production connaît un pic en 1976 (3 260 exemplaires) avant que le déclin programmé de la transmission TH-425, abandonnée en 1979 au profit d'une transmission plus légère sur le reste de la gamme caisse E, ne scelle le sort du Motorhome : sa production cesse en juillet 1978, pour un total de moins de 13 000 exemplaires sur six millésimes.
Une postérité culturelle disproportionnée par rapport à ses volumes
Le GMC Motorhome connaît, malgré des ventes limitées, une postérité culturelle notable : il tient un rôle bien visible dans la comédie Stripes (1981, avec Bill Murray), inspire dès 1976 un jouet Mattel (le « Barbie Star Traveler Motor Home ») puis une miniature Hot Wheels, et continue aujourd'hui d'alimenter un solide marché de passionnés et de pièces de réemploi. En 2006, un exemplaire modifié établit même un record de vitesse pour sa catégorie de camping-cars sur le lac salé de Bonneville (165 km/h) — non pas grâce au groupe motopropulseur d'origine, remplacé pour l'occasion par un V8 Chevrolet 454 ci.
Voir aussi
- La TH425 et sa chaîne Hy-Vo — comment le Toronado loge un V8 longitudinal en traction avant
- L'Unitized Power Package — une idée et un nom nés dix ans avant le Toronado
- Toronado 1971-1978 — quand le Toronado renonce à son propre style pour copier l'Eldorado
- Toronado 1979-1992 — les réductions successives, jusqu'à l'abandon de l'Unitized Power Package
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La TH425 et sa chaîne Hy-Vo — comment le Toronado loge un V8 longitudinal en traction avantBuick Riviera & Oldsmobile Toronado · Transmission
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- Toronado 1971-1978 — quand le Toronado renonce à son propre style pour copier l'EldoradoBuick Riviera & Oldsmobile Toronado · Histoire et modèles
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