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§ 01 · Histoire et modèles

Toronado 1979-1992 — les réductions successives, jusqu'à l'abandon de l'Unitized Power Package

Buick Riviera & Oldsmobile Toronado · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

1979-1985 : le premier « downsizing », un succès commercial réel

Dans le cadre du vaste programme de réduction de poids et de dimensions engagé par General Motors sur l'ensemble de sa gamme, la troisième génération du Toronado (1979) perd près d'une demi-tonne et environ 20 cm de longueur, tout en conservant des dimensions encore proches de celles d'une Ford Thunderbird du milieu des années 1960 — ou, ironie de l'histoire, de la caisse intermédiaire A-body qu'avait initialement souhaitée Bill Mitchell pour le tout premier Toronado (voir La « flame red car » de David North — la genèse stylistique du Toronado (1962-1964)). Toronado, Eldorado et Riviera sont désormais assemblés dans la même usine de Linden (New Jersey) et partagent enfin, pour la première fois, un seul et même groupe motopropulseur Unitized Power Package — la transmission TH-425 cède la place à la TH-325, plus légère, mieux adaptée aux moteurs désormais plus modestes (V8 307 ci, V8 350 ci essence ou Diesel). Ce diesel Oldsmobile 350, commercialisé selon un ancien dirigeant de la division « avant d'être prêt », se révèle peu fiable et pénalisé par des performances poussives. Malgré tout, le nouveau Toronado, vendu environ 4 000 $ moins cher qu'un Eldorado de style comparable, plus que double ses ventes par rapport à 1978 (plus de 50 000 unités dès sa première année) — son meilleur résultat commercial après celui de 1973. Cette génération reste néanmoins la moins prisée des trois caisses E : l'Eldorado continue de la devancer très largement, un écart que les auteurs attribuent avant tout à la seule force de l'image de marque Cadillac.

1986-1992 : la génération GM30, la fin de l'Unitized Power Package

La quatrième et dernière génération (1986), bâtie sur la plateforme compacte GM30 dérivée de la GM20 (N-body), abandonne l'Unitized Power Package pour une architecture à moteur transversal bien plus classique, associée à une transmission automatique à quatre rapports — le Toronado et la Riviera se contentant désormais d'un simple V6 Buick 3,8 l, l'Eldorado conservant seul un V8. Le résultat dynamique est nettement amélioré (structure plus rigide, poids réduit de 250 kg), mais la réduction de gabarit — pourtant comparable à celle d'une Ford Thunderbird contemporaine qui, elle, se vend bien — est unanimement pointée du doigt pour expliquer l'effondrement commercial : les ventes tombent sous les 16 000 exemplaires, plus mauvais résultat de toute l'histoire du modèle. Le pack Trofeo, du nom espagnol et italien signifiant « trophée », tente d'insuffler un supplément d'image sportive et « européenne » sans grand succès. Un restylage en 1990 arrive trop tard pour inverser la tendance. Oldsmobile met fin à la production du Toronado et de son dérivé Trofeo à l'issue du millésime 1992 (moins de 6 400 exemplaires vendus cette dernière année), sans successeur véritable : la berline Aurora qui lui succède en 1995 reprend certains codes stylistiques du Toronado d'origine de 1966, sans en être la continuation directe.

Un bilan d'ensemble : un précurseur solitaire plutôt qu'un jalon fondateur

Sur l'ensemble de sa carrière (1966-1992), General Motors aura construit un peu plus de 2,18 millions de véhicules équipés de l'Unitized Power Package (Toronado, Eldorado, Riviera et GMC Motorhome confondus, voir Le GMC Motorhome — quand le groupe motopropulseur du Toronado prend la route en camping-car) — une somme respectable, mais qui ne représente qu'une fraction marginale de la production totale du groupe sur la même période. Selon Ate Up With Motor, le Toronado doit être vu moins comme le chaînon manquant vers la traction avant généralisée chez General Motors dans les années 1980 (laquelle repose sur une architecture à moteur transversal sans rapport technique avec l'Unitized Power Package) que comme une parenthèse technique brillante mais restée sans descendance directe — un jugement à mettre en regard du mythe parfois entretenu d'un Oldsmobile érigé en « division technologique » de General Motors, largement remis en cause par ailleurs (voir Oldsmobile, « division technologique » de General Motors ? Un mythe à nuancer sérieusement).

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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