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§ 01 · Histoire et modèles

1956 — la 300B et le premier moteur américain de série à un cheval par pouce cube

Chrysler 300 (letter series) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un carrossage à peine retouché, un moteur nettement musclé

Dévoilée au Salon de l'Auto de Chicago en janvier 1956, la seconde génération de la voiture reçoit pour la première fois une lettre : 300B. Extérieurement, les évolutions restent mineures et communes à toute la gamme Chrysler de l'année — nouveaux ailerons arrière naissants (le début du style « Flightsweep » sur lequel Virgil Exner mise déjà pour la suite, inspiré par la Ghia Gilda de Giovanni Savonuzzi présentée au Salon de Turin 1955), nouveaux feux arrière, et sur les tout premiers exemplaires des contours de phares encore chromés avant de passer au ton caisse. La voiture s'allonge légèrement (222,8 pouces contre 218,8) et prend près de 70 kg par rapport à la 300 de 1955. C'est sous le capot que se joue l'essentiel : le V8 FirePower est réalésé à 354 ci (5,8 L) et, repris avec le même arbre à cames « course » et les mêmes doubles carburateurs que la 300 originelle, développe désormais 340 ch bruts et 385 lb-pi de couple.

Le cap symbolique du cheval par pouce cube

Une version optionnelle à taux de compression relevé (10,0:1 contre 9,0:1) porte la puissance affichée à 355 ch — franchissant ainsi, pour la première fois sur un moteur de production américain, le seuil symbolique d'un cheval-vapeur brut par pouce cube de cylindrée (61 ch/litre), un an avant que Chevrolet n'atteigne ce même repère avec son 283 ci à injection de 1957. Cette version à haute compression, dotée d'un échappement spécifique de 3 pouces de diamètre, est cependant introduite en cours d'année quasi exclusivement à l'intention de l'écurie de Carl Kiekhaefer et de ses pilotes ; très peu d'exemplaires « civils » en furent équipés. Autre nouveauté mécanique majeure introduite en cours de millésime : la boîte automatique trois rapports TorqueFlite A-488, qui vient compléter (sans encore la remplacer) la PowerFlite deux rapports — voir De la PowerFlite à la TorqueFlite — l'histoire des boîtes automatiques et des boutons-poussoir de la 300. Une boîte manuelle trois rapports (fournie par Dodge, moyennant 70 $ de supplément) reste disponible pour les puristes, mais seulement 30 exemplaires environ en seront équipés — pour l'essentiel destinés à la compétition.

Sur la plage de Daytona, un doublé qui devient une dynastie

Sportivement, la 300B prolonge et amplifie le succès de 1955. Aux Daytona Speed Weeks de février 1956, Tim Flock établit un nouveau record du mile lancé avec une moyenne aller-retour de 139,549 mph selon Ate Up With Motor (139,373 mph selon le Chrysler 300 Club International — un écart mineur, probablement lié à un arrondi ou une méthode de calcul légèrement différente entre les deux sources), tandis que Vicki Wood établit sur la même voiture le record féminin. Flock remporte également la course Grand National de Daytona Beach. L'écurie « Mercury Outboards » de Carl Kiekhaefer et ses pilotes dominent une seconde fois le championnat NASCAR Grand National — voir La domination NASCAR de la 300 en 1955-1956 — deux titres, des dizaines de victoires, un décompte disputé et Carl Kiekhaefer et l'écurie Mercury Outboards — la première « superteam » de l'histoire de NASCAR. Fait révélateur du potentiel commercial ouvert par la 300 : chacune des autres marques du groupe Chrysler lance en cours d'année 1956 sa propre déclinaison sportive s'inspirant directement de la formule — Dodge D-500, Plymouth Fury et DeSoto Adventurer (ce dernier avec un V8 Hemi FireDome spécifique) — sans toutefois égaler la puissance de la 300B.

Un repli commercial qui n'entame pas la légende

Les ventes reculent nettement par rapport à 1955 : 1 102 exemplaires selon les trois sources consultées (Ate Up With Motor, Chrysler 300 Club International, Wikipédia EN, qui convergent exactement sur ce chiffre), à un tarif de départ désormais supérieur à 4 200 $. Ce repli s'explique moins par un désamour pour la voiture que par un retournement conjoncturel généralisé : les ventes automobiles américaines chutent de plus de 30 % sur l'ensemble de l'exercice 1956 après le record historique de 1955, dans un contexte de resserrement du crédit automobile. Chrysler conserve malgré tout, et même renforce, sa réputation nouvellement acquise de constructeur capable de produire la voiture de série la plus rapide d'Amérique — un capital qu'elle va pleinement exploiter dès l'année suivante avec la refonte stylistique totale de 1957 : voir 1957 — la 300C, apogée du Forward Look... et lancement industriel calamiteux.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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