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§ 10 · Compétition

Guy Verrier et le pari du Groupe B — la stratégie compétition de la Visa

Citroën Visa · 1978–1988 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un pilote reconverti à la tête de Citroën Compétition

C'est un ancien pilote de rallye, Guy Verrier, devenu directeur du département Compétition de Citroën, qui porte à lui seul l'essentiel de l'ambition sportive de la Visa. Sous son impulsion, Citroën engage dès 1981 la Visa dans un programme structuré qui part d'un championnat monotype national pour viser, à terme, le Championnat du monde des rallyes (voir Le Trophée Total Citroën Visa (1981) — le championnat monotype qui lance la carrière sportive du modèle pour le détail de cette première étape).

Le choix, débattu en interne, d'un partenaire extérieur

Face à l'irruption du Groupe B, la catégorie reine du rallye des années 1980, Citroën explore plusieurs pistes avant de fixer son architecture définitive. Le bureau d'études maison planche notamment sur un prototype à moteur central arrière et propulsion. En parallèle, des alliances sont nouées avec des spécialistes extérieurs — le préparateur Strakit, mais aussi, de façon plus inattendue, le constructeur britannique Lotus, déjà connu pour ses préparations sur la Ford Cortina et la Talbot Sunbeam. Le projet commun, parfois désigné comme le prototype « Citroën-Lotus », utilise l'Esprit Turbo comme base de réflexion technique. Le projet est finalement abandonné : la direction de Citroën, sensible à l'enjeu d'image nationale inhérent à toute campagne de rallye, préfère s'en tenir à une conception intégralement française plutôt que de s'appuyer sur un partenaire étranger, aussi compétent soit-il.

Une course de sélection qui tranche le débat technique

En 1983, quatre Visa de compétition préparées par des équipes différentes s'affrontent lors d'un même rallye, confiées aux pilotes Marc Lacaze, Christian Rio, Philippe Wambergue et Pierre Pagani. La voiture conçue par Denis Mathiot, confiée à Wambergue, est pourtant la moins puissante et la moins aboutie des quatre sur le papier — elle est aussi la seule à terminer l'épreuve, remportant sa catégorie expérimentale. Cette victoire inattendue, obtenue par la voiture la plus légère plutôt que la plus puissante, confirme à Verrier et à sa direction le choix stratégique qui guidera tout le reste du programme : privilégier l'allègement et l'agilité plutôt que la course à la puissance brute, une philosophie qui s'oppose frontalement à celle, par exemple, du programme Audi Quattro de la même époque. Cette épreuve de sélection, tenue sur le plateau de Conjuers dans le Var, donnera d'ailleurs son nom à la future version de série homologuée pour le Groupe B, la « 1000 Pistes » (voir La Visa 1000 Pistes 4x4 — la première française à quatre roues motrices conçue pour la compétition).

Le virage obligé vers les quatre roues motrices

L'irruption, en 1983-1984, de l'Audi Quattro Sport à empattement raccourci — plus légère et plus puissante que le Quattro « long » — démontre du jour au lendemain la supériorité de la transmission intégrale sur tous les types de terrain. Guy Verrier confie alors à trois spécialistes distincts — Michel Odinet, Denis Mathiot et le préparateur Strakit — la mission de concevoir chacun leur propre interprétation d'une Visa à quatre roues motrices pour le Groupe B. Odinet ressuscite à cette occasion un projet à moteur arrière suralimenté (1 434 cm³, 160 ch) déjà étudié dès 1981 mais jamais retenu ; au final, seules les deux versions à moteur avant et transmission intégrale conçues par Mathiot et Strakit sont sélectionnées pour courir sous les couleurs officielles de Citroën durant la saison 1983 (voir Les prototypes Groupe B écartés — moteur arrière, double moteur et un V6 de Peugeot 604 sous le capot d'une Visa pour le détail de cette compétition interne, et des projets encore plus radicaux menés en dehors du giron officiel de la marque).

Un héritage qui se prolonge sur la BX

L'expérience accumulée par Verrier et son équipe sur la transmission intégrale et l'allègement de la Visa ne s'arrête pas avec ce seul modèle : elle nourrit directement, dans la seconde moitié des années 1980, le développement de la BX 4TC, autre tentative — malheureuse celle-là — de Citroën en Groupe B (voir La BX 4TC — le rêve brisé de Citroën en Groupe B, déjà documentée côté citroen-bx/). Le programme Visa, malgré des moyens toujours restreints face aux ténors de la discipline, restera néanmoins celui qui aura obtenu, proportionnellement à son budget, les résultats les plus honorables de l'aventure Groupe B chez Citroën (voir La Visa Trophée — 200 exemplaires homologués et un palmarès méconnu en Championnat du monde des rallyes et La Visa 1000 Pistes 4x4 — la première française à quatre roues motrices conçue pour la compétition).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
citroenvie.com (Thomas Urban), fr.wikipedia.org, en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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