La BX 4TC — le rêve brisé de Citroën en Groupe B
Une genèse née de deux ans de tâtonnements sur base Visa
Le projet qui deviendra la BX 4TC trouve son origine dans deux années d'essais menés par Citroën Compétition, sous la direction de Guy Verrier, sur différentes bases mécaniques dérivées de la Visa : moteur avant, moteur arrière, moteur central arrière, voire architecture biturbo, en traction, en propulsion ou en 4 roues motrices, avec compresseur ou turbocompresseur. De ces tâtonnements systématiques émerge, présentée au Salon de Paris 1984, l'architecture définitive retenue pour la future voiture de rallye : 4 roues motrices, moteur turbocompressé en porte-à-faux avant, carrosserie de BX, et suspension oléopneumatique directement héritée de l'expérience DS/SM/CX en compétition (voir le contexte complet dans La BX en 1983-1984 — l'arrivée du diesel, la BX GT et la naissance du projet 4TC).
Le choix du moteur en porte-à-faux avant longitudinal, sans renvoi d'angle ni pont sophistiqué, est présenté à l'époque comme la traduction moderne d'une architecture caractéristique de la tradition d'ingénierie Citroën. Le bloc moteur retenu est dérivé de celui qui équipe alors la Peugeot 505 Turbo engagée en championnat Production sur circuits, développant à l'état de compétition de l'ordre de 400 chevaux.
Une homologation Groupe B à budget dérisoire
La réglementation du Groupe B impose la construction d'au moins 200 exemplaires de route pour homologuer une voiture de rallye. C'est là que le bât blesse pour Citroën : contrairement à la Peugeot 205 Turbo 16, développée avec des moyens considérables au sein du même groupe PSA, la BX 4TC est conçue avec un budget qualifié a posteriori de quasiment nul par la presse spécialisée — d'où le surnom rétrospectif de « Groupe B zéro budget ». Le pilote Citroën engagé sur le programme, Philippe Wambergue, ne dispose pas des moyens nécessaires pour rivaliser avec les meilleures écuries de la discipline.
Un échec commercial retentissant
Présentée à la presse fin 1985, la BX 4TC de route est commercialisée à 248 500 F, soit plus du double du tarif de la BX Sport, alors le modèle le plus cher de la gamme routière classique. Ce positionnement tarifaire, sans commune mesure avec les prestations perçues par la clientèle, se traduit par des ventes catastrophiques. Pour écouler les stocks invendus, Citroën consent en 1987 une baisse de prix de 40 % — insuffisante pour sauver la commercialisation : au total, seuls 85 exemplaires trouvent preneur sur les 200 exigés par l'homologation.
La campagne de rachat pour destruction
Face à cet échec, Citroën entreprend une démarche peu banale dans l'histoire de la marque : le constructeur cherche à racheter les exemplaires déjà vendus pour les détruire, dans le but explicite d'effacer ce modèle de sa mémoire commerciale. La pression exercée sur les propriétaires inclut la menace d'un retrait du support d'entretien constructeur. Environ 45 exemplaires sont ainsi récupérés par Citroën, puis détruits sous contrôle d'huissier, aux côtés du stock d'invendus.
Une rareté aujourd'hui recherchée
Ironie du sort pour une voiture que le constructeur a activement cherché à faire disparaître : la BX 4TC compte aujourd'hui parmi les Citroën de route les plus rares et les plus recherchées par les collectionneurs. Les estimations du nombre de survivantes varient selon les sources : une source évoque une quarantaine d'exemplaires de la série 200 encore existants, plus 4 exemplaires de la version Évolution de compétition (sur 20 construites à Trappes) ; une autre évoque un ordre de grandeur proche pour les survivantes de la série de route. Ces chiffres n'ont pu être recoupés avec une troisième source indépendante à ce stade (voir sources/verification-croisee.md).
D'autres programmes de compétition sur base BX
Au-delà du seul programme 4TC, le site communautaire bxworld.net atteste, sur sa page consacrée à la compétition, l'existence d'au moins trois autres programmes sportifs bâtis sur la plateforme BX : une BX 1000 Pistes engagée au rallye Polytechnic (1983), une BX 4x4 engagée au Paris-Dakar 1984, et un prototype BX Supertourisme (1986), aux côtés de la version 4TC Évolution (1986) elle-même. Le détail narratif de ces programmes n'a pas pu être extrait lors de ce crawl (page rendue difficile d'accès par un environnement de navigation très sollicité au moment de la recherche) et constitue un gisement à reprendre en priorité lors d'une prochaine session (voir sources/bxworld-net.md).
Confirmation indirecte de la poursuite de ce programme Supertourisme : la page d'histoire 1990 du même site (source directement consultée pour ce corpus) mentionne la présence d'une BX de Supertourisme et d'une BX pilotée par Jean-Luc Pailler, vice-champion de la division 2 du championnat de Supertourisme en 1989, exposées au 21ᵉ Salon de la voiture et de la moto de course à Paris-Le Bourget — confirmation que l'engagement en compétition circuit de la BX s'est poursuivi bien au-delà du seul épisode 4TC de 1985-1986.
Voir aussi
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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