Le moteur à soupapes-chemises Knight — le silence acheté au prix de la fumée
Un ingénieur américain s'installe près de Coventry
Séduit par les possibilités du moteur « Silent Knight » qu'il a repéré outre-Atlantique, le président de Daimler contacte l'inventeur américain Charles Yale Knight à Chicago ; celui-ci s'installe en Angleterre, près de Coventry, dès 1907. Daimler achète les droits d'exploitation du brevet Knight « pour l'Angleterre et les colonies » et partage la propriété des droits européens avec le constructeur belge Minerva, dont elle détient 60 %. L'entreprise confie à l'ingénieur Frederick Lanchester (dont la propre société ne rejoindra le giron Daimler/BSA qu'en 1931, voir Daimler sous la coupe de BSA (1910-1960) — Lanchester, structure de groupe et déclin d'avant-guerre) la mission de retravailler en secret la conception initiale de Knight pour la rendre réellement industrialisable.
Une sensation technique en 1908
Dévoilé en septembre 1908, le nouveau moteur fait sensation : il élimine purement et simplement les soupapes champignon, leurs ressorts et leurs cames, au profit d'une chambre de combustion presque parfaitement sphérique et d'un manchon (« sleeve ») coulissant en fonte, logé dans la paroi du cylindre, qui fait office de segment mobile de la chambre de combustion. La Royal Automobile Club (RAC) organise une réunion spéciale pour discuter du nouveau moteur, encore « silencieux » mais plus tout à fait « Wholly Knight » après les retouches de Lanchester ; la revue The Autocar salue « son extraordinaire combinaison de silence, de souplesse et de puissance ». Daimler abandonne alors purement et simplement la fabrication de moteurs à soupapes classiques.
Le Dewar Trophy de 1909
Sous le contrôle de la Royal Automobile Club, deux moteurs à soupapes-chemises Daimler sont soumis à des essais sévères sur banc, sur route et sur piste ; démontés à l'issue de ces essais, ils ne présentent aucune trace d'usure visible — une performance qui vaut à Daimler le Dewar Trophy de 1909. Les commandes affluent alors plus vite que l'outil de production ne peut y répondre.
Le revers de la médaille : une consommation d'huile massive
Le moteur à soupapes-chemises tourne au ralenti dans un silence remarquable, mais laisse derrière lui un léger voile de fumée d'huile — une caractéristique directement liée à la nécessité de lubrifier abondamment les manchons coulissants, en particulier à froid. La consommation d'huile peut atteindre un gallon impérial tous les 450 miles. Pour les standards de leur époque cependant, ces moteurs exigent par ailleurs très peu d'entretien courant.
Un abandon progressif à partir de 1933
Daimler conserve ses moteurs à soupapes-chemises silencieux jusqu'au milieu des années 1930. Le retour aux soupapes classiques démarre avec le modèle Fifteen de 1933 — sous l'impulsion de l'ingénieur Laurence Pomeroy, dont les nouveaux moteurs à soupapes contribuent, selon le témoignage de l'ancien directeur des usines Percy Martin, à sauver l'entreprise d'un effondrement total au cœur de la Grande Dépression (voir Daimler sous la coupe de BSA (1910-1960) — Lanchester, structure de groupe et déclin d'avant-guerre).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Daimler_Company ↗
- Le volant fluide et la boîte présélective Wilson — la signature transmission de Daimler pendant vingt-cinq ansDaimler (Royaume-Uni) · Transmission
- 1896 — la fondation de Daimler, premier constructeur automobile britanniqueDaimler (Royaume-Uni) · Histoire et modèles
- Daimler sous la coupe de BSA (1910-1960) — Lanchester, structure de groupe et déclin d'avant-guerreDaimler (Royaume-Uni) · Histoire et modèles
- Le volant fluide et la boîte présélective Wilson — la signature transmission de Daimler pendant vingt-cinq ansDaimler (Royaume-Uni)
- Daimler sous la coupe de BSA (1910-1960) — Lanchester, structure de groupe et déclin d'avant-guerreDaimler (Royaume-Uni)
- 1896 — la fondation de Daimler, premier constructeur automobile britanniqueDaimler (Royaume-Uni)