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§ 11 · Compétition

Bernd Rosemeyer — l'instinct d'un champion, les 400 km/h sur autoroute, et une mort prématurée

DKW / Auto Union · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Né le 14 octobre 1909 à Lingen, Bernd Rosemeyer n'est encore qu'un jeune espoir relativement inconnu lorsqu'Auto Union l'engage aux côtés de Hans Stuck et Achille Varzi. En l'espace de deux saisons à peine, il devient l'un des pilotes les plus populaires de l'Allemagne des années 1930 — avant de mourir à 28 ans, en plein record de vitesse.

Un « tempérament de feu » qui conquiert le public

Selon sa propre épouse, l'aviatrice Elly Beinhorn — déjà célèbre en tant que telle avant même son mariage avec Rosemeyer, célébré le 13 juillet 1936 —, Rosemeyer possédait un « tempérament de feu » (hot-blooded temperament) qui se traduisait par un instinct de pilotage hors norme : il aurait été capable de conduire aussi vite dans le brouillard que par temps clair. Cette légende, entretenue par la presse de l'époque, contribue à faire de lui une vedette dont la popularité, selon audi.com, n'a alors d'équivalent en Allemagne que celle du boxeur Max Schmeling — dépassant même, dans le cœur du public, celle de Rudolf Caracciola, star établie de l'équipe rivale Mercedes-Benz.

Le titre de champion d'Europe 1936

En 1936, au volant de l'Auto Union Type C (voir Types A, B et C (1934-1937) — l'évolution technique du seize-cylindres à moteur central), Rosemeyer enchaîne les victoires : Eifelrennen, Grands Prix d'Allemagne, de Suisse et d'Italie, Coppa Acerbo — un palmarès qui lui vaut le titre de champion d'Europe, la plus haute distinction individuelle du sport automobile de l'époque, ainsi que le championnat de la montagne d'Europe la même saison. C'est l'unique titre de champion d'Europe des pilotes jamais remporté par un pilote Auto Union sur toute la période 1934-1939.

Le passage des 400 km/h sur route ouverte

En octobre 1937, au volant d'une version carénée et profilée du Type C (le « Type C Stromlinie »), Rosemeyer établit plusieurs records du monde et de catégorie sur l'autoroute Francfort-Darmstadt. Il devient, à cette occasion, le premier être humain à dépasser la barre des 400 km/h sur une route ouverte normale — un exploit obtenu en catégorie C (cylindrée de 3000 à 5000 cm³) avec un record fixé à 351,9 km/h en moyenne sur un kilomètre lancé, la pointe de vitesse instantanée dépassant, elle, les 400 km/h.

La tentative de record fatale du 28 janvier 1938

Le 28 janvier 1938, Rosemeyer retente sa chance sur cette même autoroute, avec l'objectif de battre le nouveau record de Rudolf Caracciola (432,7 km/h sur Mercedes), établi quelques heures plus tôt ce même jour. Caracciola met en garde Rosemeyer contre des rafales de vent latérales signalées sur le tronçon. Rosemeyer part malgré tout : sa voiture, propulsée à environ 440 km/h, est déportée par une rafale près de Morfelden, quitte la route dans une tranchée et se retourne plusieurs fois. Rosemeyer est éjecté et tué sur le coup. Il laisse derrière lui un fils, né en novembre 1937, quelques semaines avant sa mort — Bernd Rosemeyer junior, qui deviendra plus tard médecin du sport et conseiller en sécurité routière pour le club automobile allemand ADAC.

Un vide jamais totalement comblé

La disparition de Rosemeyer prive Auto Union, dès l'entame de la saison 1938, de son pilote le plus emblématique — un vide que ni Tazio Nuvolari ni Hans Stuck, pourtant pilotes de très grand talent, ne combleront jamais tout à fait aux yeux du public allemand (voir Les autres pilotes d'Auto Union — Hans Stuck, Achille Varzi, Tazio Nuvolari et les seconds rôles et Le Type D (1938-1939) — le douze-cylindres qui clôt l'ère des Silberpfeile Auto Union).

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Provenance de cette fiche
Site source
audi.com et Wikipédia (allemand et anglais)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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