Les essais routiers d'époque — 150 mph à Jabbeke et les verdicts de la presse britannique
Jabbeke, l'autoroute belge des records
La route rectiligne de Jabbeke, en Belgique, sert depuis les années 1950 de référence à l'industrie automobile britannique pour mesurer les vitesses de pointe en conditions réelles — Norman Dewis y avait déjà porté une XK120 à 172,412 mph (277,5 km/h) le 20 octobre 1953, avec l'aide d'une bulle aérodynamique empruntée à un planeur. C'est sur cette même route qu'Autocar mesure, immédiatement après le lancement genevois de mars 1961 (voir Genève, 15 mars 1961 — la nuit qui a lancé l'E-Type), un coupé fixe E-Type à plus de 150 mph — un chiffre qui deviendra l'argument commercial numéro un de la voiture pendant toute sa carrière commerciale. Norman Dewis avait, dans les semaines précédentes, mené de longues séances d'essais pour s'assurer que l'E-Type pourrait effectivement atteindre cet objectif symbolique de 150 mph, avant de convoyer lui-même une voiture de nuit jusqu'au Salon de Genève — voir Genève, 15 mars 1961 — la nuit qui a lancé l'E-Type — mais l'essai chronométré de Jabbeke proprement dit a été conduit par les journalistes d'Autocar, et non directement par Dewis.
Les chiffres de la presse britannique, essai par essai
Plusieurs essais routiers de référence jalonnent la carrière de l'E-Type, avec des résultats globalement convergents :
- Motor, 1961 — un roadster 3,8 litres de tout début de série (le tout premier exemplaire de série achevé) : 149,1 mph (240 km/h) en pointe, 0-60 mph en 7,1 secondes, consommation de 21,3 miles par gallon impérial (13,3 L/100 km). Le tarif de la voiture d'essai s'élevait alors à 2 097 £ taxes comprises.
- The Motor, mars 1961 — un coupé fixe de tout début de série chronométré à 150 mph (242 km/h), chiffre resté emblématique bien que la voiture d'essai n'ait pas été strictement de série.
- Autocar, mai 1965 — un coupé fixe 4,2 litres britannique : 153 mph (246 km/h) en pointe, 0-60 mph en 7,6 secondes, 400 m départ arrêté en 15,1 secondes. Conclusion des essayeurs : « dans sa version 4.2, l'E-Type est une voiture rapide (la plus rapide que nous ayons jamais testée) ».
- Motor, octobre 1964 — un coupé fixe 4,2 litres : 150 mph (241 km/h), 0-60 mph en 7 secondes, 400 m en 14,9 secondes, sur la base de 3 000 miles d'essai cumulés.
Des voitures de presse... pas tout à fait de série
Un point méthodologique important, documenté par plusieurs sources : les voitures remises à la presse pour ces essais en 1961 (le coupé 9600 HP et le cabriolet 77 RW) roulaient sur des pneus de compétition Dunlop Racing, à plus grand diamètre et traînée réduite par rapport aux pneus livrés en série — ce qui explique en bonne partie l'écart entre les 150 mph obtenus en conditions d'essai idéales et les performances, déjà très solides, d'un exemplaire strictement de série (autour de 135 mph/217 km/h en usage courant). Les moteurs remis à la presse faisaient par ailleurs l'objet d'un équilibrage et d'un contrôle de gas-flowing en usine, sans aller jusqu'à une préparation compétition à proprement parler.
Voir aussi
- Genève, 15 mars 1961 — la nuit qui a lancé l'E-Type · Series 1 3.8 litres (1961-1964) — la définition originelle de l'E-Type · Series 1 4.2 litres (1964-1967) — plus de couple, enfin une vraie boîte · Pneus, jantes à rayons et écrous à oreilles — l'équipement roulant et sa mise aux normes américaines
- Site source
- etypeuk.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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