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§ 13 · Achat administratif

De 5 500 dollars à plus d'un million — l'évolution de la cote de l'Aurelia

Lancia Aurelia · 1950–1958 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'écart entre le prix de vente d'origine de l'Aurelia et sa cote actuelle sur le marché de la collection illustre, à sa manière, l'ampleur de la reconnaissance historique tardive dont bénéficie aujourd'hui ce modèle.

Des prix de lancement déjà loin d'être populaires

À l'époque de sa commercialisation, l'Aurelia n'était déjà pas un modèle bon marché : en milieu de carrière, les berlines et les spiders se vendaient aux États-Unis autour de 5 500 dollars, les coupés un peu plus cher à environ 5 800 dollars. En toute fin de production, le coupé atteint 6 195 dollars, tandis que le cabriolet redescend à 5 195 dollars. Le spider B24 America, à son lancement en 1955, est annoncé à environ 5 830 dollars — à comparer aux 6 295 dollars d'une Aston Martin DB2/4 contemporaine, une référence qui situe bien l'Aurelia dans le haut du panier des voitures de sport européennes de l'époque, sans pour autant en faire la plus chère de sa catégorie.

Des ventes aux enchères qui dépassent aujourd'hui le million de dollars

Le marché de la collection a totalement renversé cette hiérarchie de valeur au fil des décennies, en particulier pour les versions les plus rares. En 2014, la maison RM Auctions (aujourd'hui RM Sotheby's) a vendu aux enchères un exemplaire de Spider B24 de 1955 retrouvé à l'état de « grange » (non restauré, découvert après une longue période de stockage) pour environ 500 000 livres sterling, soit environ 805 000 dollars au taux de change de l'époque. La même année, la maison Gooding & Company a vendu, lors d'une vente distincte, un exemplaire restauré de Spider B24 de 1955 pour 1 815 000 dollars — soit plus de trois fois le prix du précédent exemplaire non restauré, révélateur de la prime considérable accordée à une restauration de très haut niveau sur ce modèle. Plus récemment, en 2023, un exemplaire non restauré de Spider B24 America de 1955, lui aussi découvert à l'état de grange, s'est vendu 540 000 euros aux enchères.

Une hiérarchie de valeur cohérente entre les carrosseries

Sans surprise au regard de la rareté relative de chaque carrosserie (voir La berline Aurelia — B10, B21, B22, B12 et B15, une évolution en quatre temps et Le B20 série par série — six générations techniques en sept ans pour les chiffres de production), la hiérarchie de valeur actuelle place systématiquement la berline en bas de l'échelle, le coupé B20 au milieu, et le Spider B24 — le plus rare avec seulement 240 exemplaires produits — tout en haut, généralement devant le Convertible B24 qui lui succède pourtant en meilleures ventes à l'époque (voir Du Spider au Convertible — la genèse du B24 chez Pininfarina).

Une prime de rareté et de conservation qui structure tout le marché

Les guides de valorisation consultés confirment que l'état de conservation et l'authenticité documentaire (cohérence châssis/moteur/carrosserie, voir Décoder la nomenclature Aurelia — B10 à B60, un système de types complet) pèsent aujourd'hui bien plus lourd dans la valorisation d'un exemplaire que sa seule rareté nominale — un exemplaire abîmé ou mal documenté d'une version rare pouvant se négocier moins cher qu'un exemplaire irréprochable d'une version plus commune.

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Provenance de cette fiche
Site source
hagerty.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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