Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

La berline Aurelia — B10, B21, B22, B12 et B15, une évolution en quatre temps

Lancia Aurelia · 1950–1958 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Avant de devenir un coupé de légende ou un spider de collection, l'Aurelia est d'abord, et avant tout, une berline quatre portes. C'est cette carrosserie qui inaugure la gamme au Salon de Turin de 1950 et qui sert de démonstrateur grandeur nature à l'ensemble des innovations qui feront la réputation du modèle.

B10 (1950) : la voiture la plus sophistiquée de son temps

La toute première Aurelia porte la désignation interne B10. Présentée au Salon de Turin de 1950, elle réunit sur un même modèle de série une caisse monocoque, des suspensions indépendantes aux quatre roues et un moteur V6 de 1 754 cm³ développant 56 ch — une combinaison qu'aucun autre constructeur généraliste n'offre alors. Cette puissance modeste au regard de la sophistication technique du modèle s'explique par un taux de compression volontairement bas (6,85:1), imposé pour permettre au moteur de fonctionner à l'essence ordinaire, moins chère et plus largement disponible que le carburant premium de l'époque. Malgré cette puissance limitée, le journaliste automobile britannique John Simister rapporte que la berline pouvait atteindre 150 km/h grâce à l'excellent équilibre des masses procuré par la transmission transaxle (voir Le transaxle Aurelia — boîte, embrayage et différentiel groupés à l'arrière).

B21 (1951) : le premier coup de fouet mécanique

Dès 1951, la cylindrée du V6 passe à 1 991 cm³ pour la nouvelle berline B21, avec une puissance annoncée de 70 ch. Cette même cylindrée équipe, la même année, le tout nouveau coupé B20 GT à empattement raccourci (voir La genèse du coupé B20 GT — une controverse d'attribution jamais définitivement tranchée), qui en tire pour sa part 75 ch grâce à une préparation légèrement différente.

B22 (1952) : la version sportive de la berline

En 1952 apparaît la B22, dotée d'une paire de carburateurs Weber et d'un arbre à cames plus pointu, pour une puissance annoncée de 90 ch — soit la version la plus performante jamais proposée sur la carrosserie berline.

B12 (1953-1956) : le grand cœur 2,5 litres

À partir de 1953, la berline reçoit la plus grande des cylindrées Aurelia, 2 451 cm³, sous la désignation B12 — la même architecture de base que celle qui, la même année, équipe également le coupé B20 troisième série. La B12 reste en production jusqu'en 1956, la plus longue carrière de toutes les versions berline.

B15, la variante confidentielle

Une petite série B15, dotée d'un moteur de 1 991 cm³ dans une configuration distincte de la B21, complète brièvement la gamme berline en 1952, avec seulement 81 exemplaires produits selon les statistiques officielles de production.

Les chiffres de production, modèle par modèle

D'après les statistiques de production détaillées par type et par année réunies par Wikipédia anglophone, la carrosserie berline totalise, toutes versions confondues :

TypeCylindréePériodeProduction totale
B101 754 cm³1950-19535 451
B211 991 cm³1951-19533 780
B151 991 cm³195281
B221 991 cm³ (double Weber)1952-19531 074
B122 451 cm³1953-19562 400

Soit un total berline d'environ 12 786 exemplaires sur un total gamme Aurelia de 18 201 — la berline reste donc, en volume, la version la plus produite de toute la gamme, loin devant le coupé B20 (voir Le B20 série par série — six générations techniques en sept ans) et le spider/cabriolet B24 (voir Du Spider au Convertible — la genèse du B24 chez Pininfarina), aujourd'hui pourtant bien plus recherchés par les collectionneurs.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci