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§ 12 · Culture documentation

Le programme de Formule 1 D50 — l'ambition, le drame d'Ascari, la fin brutale

Lancia Aurelia · 1950–1958 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Si l'Aurelia elle-même n'a jamais couru en Formule 1, son histoire financière est indissociable d'un autre projet mené en parallèle par Gianni Lancia : l'engagement de l'entreprise en Grand Prix avec la monoplace D50, dont le coût a directement contribué aux difficultés financières qui affecteront, in fine, l'avenir même de l'Aurelia et de sa remplaçante (voir Le prix de l'excellence — comment l'Aurelia et le programme D50 ont contribué à la vente de Lancia).

Un moteur V8, pas un V6 : ne pas confondre avec l'Aurelia

Contrairement à une confusion possible, le moteur du D50 n'est pas un dérivé du V6 Aurelia : il s'agit d'un V8, conçu comme le reste de la voiture sous la direction de Vittorio Jano (voir Vittorio Jano — de l'Alfa Romeo P3 au V6 Aurelia, jusqu'au V6 Ferrari Dino), déjà artisan du V6 de série aux côtés de Francesco De Virgilio. Le point commun entre les deux projets n'est donc pas le moteur lui-même, mais l'équipe d'ingénieurs et la philosophie d'ingénierie exigeante qui anime l'ensemble des projets Lancia de cette période sous la direction de Gianni Lancia.

Des débuts prometteurs

Alberto Ascari, double champion du monde de Formule 1 (1952, 1953) recruté par Lancia pour porter ce nouveau projet, place le D50 en pole position dès sa course de débuts, le Grand Prix d'Espagne 1954. La saison 1955 démarre elle aussi sous de bons auspices, avec deux victoires d'Ascari lors de courses italiennes hors championnat disputées à Turin et à Naples en début de saison.

Le Grand Prix de Monaco 1955 : un accident spectaculaire, mais sans gravité physique durable

Lors du Grand Prix de Monaco de mai 1955, la D50 d'Ascari, alors en tête de course, sort brutalement de la route à la chicane du port et plonge dans le bassin méditerranéen. Ascari est repêché par un canot de sauvetage, contusionné mais vivant — un accident spectaculaire qui aurait pu, à lui seul, mettre fin à sa carrière, mais dont il se remet en quelques jours.

Quatre jours plus tard : un accident distinct, à Monza, dans une autre voiture

C'est un événement entièrement séparé, survenu quatre jours plus tard, qui coûte la vie à Ascari — une précision importante que plusieurs récits raccourcis tendent à brouiller en laissant croire, à tort, que l'accident de Monaco lui aurait été fatal. Le 26 mai 1955, Ascari se rend à l'improviste sur le circuit de Monza pour observer une séance d'essais où son coéquipier Eugenio Castellotti teste une Ferrari 750 Sport que les deux hommes doivent se partager lors d'une course d'endurance à venir. Sans y être programmé, Ascari décide sur un coup de tête d'effectuer quelques tours lui-même, afin de vérifier, dit-il, qu'il n'a pas perdu confiance après l'accident de Monaco. Faute d'avoir apporté son propre casque fétiche de couleur bleue, il emprunte celui, blanc, de Castellotti. Au troisième tour, la Ferrari sort de la piste sans cause formellement établie à ce jour, et Ascari est tué sur le coup. Des explications ultérieures ont évoqué la présence inopinée d'un tiers sur la piste au moment de l'accident, sans qu'aucune ait été confirmée de façon définitive.

Une fin de programme précipitée par l'impasse financière

Après la mort d'Ascari, la situation financière de Lancia — déjà fragilisée par le coût de développement de l'Aurelia elle-même (voir Le prix de l'excellence — comment l'Aurelia et le programme D50 ont contribué à la vente de Lancia) — ne permet plus de soutenir un programme de Formule 1 dont les ventes de voitures de route ne pouvaient à elles seules couvrir les coûts. Gianni Lancia se résout à mettre fin au projet : le 26 juillet 1955, l'intégralité du matériel de course (les six châssis D50 construits, un stock de pièces, les plans techniques et l'équipement de l'écurie) est transférée à la Scuderia Ferrari, accompagnée des deux principaux ingénieurs de course de Lancia, Vittorio Jano et Luigi Bazzi. Reconstruites en Lancia-Ferrari D50A, ces monoplaces permettront à Juan Manuel Fangio de remporter le championnat du monde des pilotes 1956 — un aboutissement sportif dont Lancia elle-même ne recueillera plus aucun bénéfice direct.

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Provenance de cette fiche
Site source
motorsportmagazine.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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