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§ 09 · Conduite

Un cockpit d'athlète et une tenue de route au couteau — conduire une Stratos

Lancia Stratos HF · 1973–1978 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Prendre place au volant d'une Stratos, c'est d'abord accepter un habitacle qui ne fait aucune concession, avant de découvrir un comportement routier aussi grisant qu'exigeant.

« Comme une combinaison taillée pour un seul athlète »

Nuccio Bertone lui-même décrivait l'habitacle de la Stratos comme épousant le conducteur et le copilote au plus près, à la manière d'une combinaison de sport taillée pour un athlète solitaire. L'espace intérieur, réduit aux deux baquets et rien d'autre, matérialise concrètement cette idée : aucun rangement digne de ce nom dans l'habitacle lui-même, à l'exception des deux compartiments à casques intégrés aux portières (voir Une carrosserie en fibre de verre pensée pour l'assistance rallye). La position de conduite, très basse, et la visibilité arrière quasi inexistante héritée du pare-brise enveloppant achèvent de donner une impression de monoplace habillée plutôt que de simple GT sportive.

Un comportement dicté par l'empattement et la répartition des masses

Les essais rétrospectifs consultés, qu'il s'agisse de Classic & Sports Car ou d'evo.co.uk (à l'occasion d'un comparatif avec la New Stratos de Pininfarina, voir La New Stratos (2010) — quand Pininfarina ressuscite le mythe sur base Ferrari), s'accordent sur un même trait de caractère : avec plus de 60 % du poids sur l'essieu arrière et un empattement de seulement 2,18 m (voir Un empattement de 2,18 m — châssis et suspensions de la Stratos), la voiture peut basculer du sous-virage au survirage en une fraction de seconde dès que ses limites d'adhérence sont atteintes. Cette sensibilité extrême est décrite comme un atout en conditions de rallye entre des mains expérimentées — la voiture est jugée très « ouverte à la suggestion » du pilote, capable de négocier un même virage de dix façons différentes selon l'intention donnée au volant — mais aussi comme un piège pour qui manque de concentration, en particulier sur revêtement meuble (terre, gravier).

Facile à petite vitesse, exigeante à la limite

Le constat qui revient le plus souvent dans les essais consultés tient en une phrase : la Stratos se montre étonnamment maniable et agréable à vitesse modérée, mais devient une voiture « à poigne » dès que l'on s'approche de ses limites, réclamant une concentration de tous les instants pour en tirer le meilleur. C'est précisément cette dualité — docile en usage courant, redoutable à la limite — qui explique à la fois son efficacité entre les mains d'un champion et le respect qu'elle continue d'inspirer aux essayeurs modernes qui ont l'occasion d'en prendre le volant.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
classicandsportscar.com + evo.co.uk + stellantisheritage.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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