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§ 01 · Histoire et genèse

1979 : le lancement à Toulon coïncide avec la chute du Shah et l'annulation de sa commande

Mercedes-Benz Classe G · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un nom simple pour un cahier des charges exigeant

Le véhicule entre officiellement en production sous le nom de « G-Wagen », abréviation de l'allemand Geländewagen — littéralement « véhicule de terrain », un équivalent presque exact du « Land Rover » britannique auquel Mercedes-Benz entend justement se mesurer. Sa présentation publique a lieu lors d'un événement de presse organisé sur le terrain d'essai tout-terrain de Toulon, dans le Var, en février 1979, avant une entrée en production commerciale dans la foulée. Comme pour d'autres véhicules autrichiens ou germaniques de ce corpus vendus sous double marque, le nom varie selon les marchés dès l'origine : « Puch G » en Autriche, en Suisse et dans les pays d'Europe de l'Est du bloc du Comecon, « Mercedes-Benz G-Wagen » partout ailleurs (voir Puch G ou Mercedes-Benz G : un même véhicule, deux badges selon les marchés (1979-2000)).

Une coïncidence historique cruelle pour le commanditaire d'origine

1979 est aussi, et ce n'est pas un hasard de calendrier anodin, l'année de la révolution iranienne qui met fin à la monarchie du Shah Mohammad Reza Pahlavi — celui-là même dont la suggestion, huit ans plus tôt, avait mis le projet en mouvement (voir La genèse : un accord industriel germano-autrichien né d'une suggestion du Shah d'Iran (1972)). La précommande de 20 000 exemplaires que le Shah avait passée pour l'armée iranienne dès 1975 est annulée avant même que la production en série n'ait pu commencer à honorer la commande. Le commanditaire historique du véhicule n'en recevra donc jamais un seul exemplaire à titre officiel — une ironie que plusieurs sources consultées pour ce dossier soulignent explicitement comme l'un des faits les plus marquants de la genèse du véhicule.

Un véhicule qui trouve immédiatement d'autres débouchés

Cette annulation ne compromet pourtant pas l'avenir commercial du G-Wagen : ses qualités intrinsèques — robustesse, simplicité mécanique, capacités tout-terrain déjà éprouvées sur trois continents lors des essais de développement (voir Du modèle en bois au prototype roulant : le développement 1973-1975 et le nom de code « H2 ») — lui ouvrent rapidement d'autres marchés, aussi bien militaires que civils. L'armée argentine devient dès 1981 le tout premier client militaire à équiper ses forces du véhicule, plusieurs années avant que l'Allemagne elle-même ne l'adopte sous le nom de « Wolf » (voir De l'Argentine aux Malouines : un panorama des utilisateurs militaires mondiaux du Geländewagen et L'armée allemande : un rejet initial suivi d'une adoption massive sous le nom « Wolf »). Le nombre de G-Wagen vendus à une clientèle civile finira même, au fil des décennies, par largement dépasser celui des versions militaires — un renversement complet par rapport à la vocation d'origine strictement utilitaire et martiale du cahier des charges initial (voir Le tournant de 1990 : comment un outil militaire est devenu, sans jamais changer de silhouette, un objet de luxe).

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Provenance de cette fiche
Site source
silodrome.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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