Le partenariat industriel avec Steyr-Daimler-Puch : une coentreprise à Graz, puis un simple sous-traitant
Pourquoi l'Autriche plutôt qu'une usine Mercedes classique
Daimler-Benz choisit de confier une partie de la fabrication du futur Geländewagen au groupe industriel autrichien Steyr-Daimler-Puch, déjà présent dans ce corpus pour son automobile de tourisme la Steyr-Puch 500 (voir le dossier steyr-puch-500/). Le choix n'a rien d'anecdotique : au milieu des années 1970, Steyr-Daimler-Puch est un conglomérat industriel autrichien de tout premier plan, réputé pour la qualité de ses productions militaires et tout-terrain — les célèbres Haflinger et Pinzgauer notamment (voir la fiche consacrée à ces deux véhicules dans le dossier Steyr-Puch 500, qui mentionne déjà en creux ce futur partenariat avec Mercedes-Benz). Ce savoir-faire tout-terrain, plus qu'une quelconque logique de coût, explique pourquoi Daimler-Benz est allé chercher un partenaire à Graz plutôt que de tout produire dans une de ses propres usines allemandes.
La Geländefahrzeug Gesellschaft mbH, coentreprise à parts égales
En février 1977, Daimler-Benz et Steyr-Daimler-Puch officialisent leur collaboration en créant une société commune, la Geländefahrzeug Gesellschaft mbH (GfG), basée à Graz et détenue à 50/50 par les deux groupes. C'est cette structure commune, et non l'un ou l'autre des deux partenaires pris isolément, qui est juridiquement enregistrée comme fabricant du Geländewagen sur les premières cartes grises délivrées à partir du lancement de la production début 1979. La répartition du travail est précise : Daimler-Benz fournit les moteurs, les boîtes de vitesses, les essieux et la direction ainsi qu'une partie des grandes pièces de tôlerie embouties, tandis que Steyr-Daimler-Puch réalise les pièces embouties de plus petite taille, la boîte de transfert, et surtout l'assemblage final du véhicule — resté depuis l'origine très largement manuel.
1981 : Daimler-Benz reprend seul la maîtrise du développement
Cette organisation en coentreprise ne dure toutefois que quatre ans. En 1981, les deux partenaires réorganisent leur collaboration : Daimler-Benz reprend à son seul compte le développement du véhicule, tandis que Steyr-Daimler-Puch devient un simple façonnier chargé de la production sous contrat (« Lohnauftrag » selon la terminologie allemande). La GfG est dissoute et, à partir du 1er août 1981, c'est directement la Daimler-Benz AG qui figure comme fabricant sur les documents du véhicule. Cette bascule juridique, peu connue du grand public, marque en réalité un renforcement plutôt qu'un affaiblissement du lien entre les deux entreprises : la production reste intégralement autrichienne, mais la stratégie produit — et donc l'avenir du véhicule — appartient désormais sans partage à Stuttgart.
Une continuité industrielle jusqu'à Magna Steyr aujourd'hui
Le groupe Steyr-Daimler-Puch d'origine ne survivra pas sous cette forme : démantelé par branches entre 1987 et 1998 (voir le détail de ce démantèlement dans le dossier Steyr-Puch 500), il cède en 1998 sa branche technique automobile au groupe canadien Magna, donnant naissance en 2001 à Magna Steyr. Or c'est cette même usine de Graz, sous cette même bannière Magna Steyr, qui assemble encore aujourd'hui — près d'un demi-siècle plus tard — chaque Classe G vendue dans le monde, qu'elle porte l'étoile Mercedes ou, pour les modèles militaires les plus récents, aucun badge civil du tout. Depuis 1992, le développement technique de la gamme est lui aussi domicilié à Graz, et non plus seulement sa fabrication. Cette continuité industrielle exceptionnelle — une seule et même usine autrichienne depuis l'origine, alors que la quasi-totalité des autres modèles Mercedes-Benz sont fabriqués en Allemagne — constitue l'une des particularités les plus durables de toute l'histoire de la Classe G.
Voir aussi
- Site source
- de.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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