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§ 09 · Conduite

Comparaison avec les rivales d'époque — Jaguar E-Type, Corvette et 300 SL

Mercedes-Benz W113 « Pagode » · 1963–1971 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Plus proche d'une Ford Thunderbird que d'une E-Type

Certains observateurs de l'époque, avec le recul, jugent que l'analogue le plus pertinent de la W113 n'est pas tant une sportive pure européenne qu'une voiture « personnelle » américaine comme la première Ford Thunderbird biplace : une silhouette sportive au service d'une vocation avant tout tournée vers le confort et le prestige plutôt que la performance à l'état brut — à la différence près, notable, que la Mercedes affiche un tarif nettement plus élevé que n'importe quelle Thunderbird de l'époque.

Un différentiel de prix assumé face à la Jaguar E-Type

Lancées à deux ans d'écart au même Salon de Genève, la Jaguar E-Type (1961) et la Mercedes 230 SL (1963) visent un public de sportives/GT de prestige comparable, mais avec un écart de prix considérable : en Allemagne comme aux États-Unis, la Mercedes coûte environ 1 000 $ de plus qu'une E-Type ou qu'une Corvette Sting Ray à injection, et jusqu'à deux fois le tarif d'une E-Type 4,2 litres selon certains guides d'achat rétrospectifs britanniques. En contrepartie de ce surcoût, la Mercedes offre un niveau de finition, une facilité d'accès à bord et un confort de conduite au quotidien que l'habitacle exigu et les larges bas de caisse de la Jaguar ne permettent pas d'égaler — grimper à bord d'une E-Type est d'ailleurs décrit comme un exercice de coordination pour un conducteur plus âgé, quand la W113 reste d'un accès aisé pour tous les gabarits.

Une performance délibérément en retrait

Sur le seul terrain de la performance pure, la W113 ne rivalise ni avec la 300 SL qu'elle remplace, ni avec la Jaguar E-Type ou la Corvette Sting Ray, capables toutes deux de la distancer nettement en accélération comme en vitesse de pointe. La 230 SL n'est en réalité que légèrement plus rapide que la grande berline 300 SEL de la même marque, pourtant dotée d'une suspension pneumatique et d'un généreux habitacle arrière — un indice assez clair que Mercedes-Benz a délibérément choisi de ne pas se positionner sur le terrain de la performance brute face à ses rivales directes.

Un choix qui paie sur la durée

Malgré (ou grâce à) ce positionnement à contre-courant du marché des sportives pures, la demande pour la 230 SL dépasse dès son lancement la capacité de production, alors pourtant limitée, de Daimler-Benz, entraînant de longues listes d'attente. En rythme de croisière annuel, les ventes de la W113 dépassent d'au moins 50 % celles, déjà solides, de la 190 SL qu'elle remplace — un résultat qui confirme, a posteriori, la pertinence du pari initial de Fritz Nallinger et Rudolf Uhlenhaut : offrir une sportive résolument différente plutôt qu'une énième concurrente frontale de l'E-Type. Sur l'ensemble de sa carrière, la W113 ne dépassera cependant jamais les volumes de vente de l'E-Type six-cylindres, nettement moins onéreuse — voir Genèse de la W113 — comment remplacer à la fois la 300 SL et la 190 SL.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com / classicandsportscar.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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