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§ 01 · Histoire et genèse

Spiritual contre ACV30 — les deux visions rivales de la nouvelle Mini en 1997

MINI moderne — BMW (R50 à F56/J01, 2001-2026) · 2001–2026 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Avant que le public ne découvre la nouvelle Mini au Salon de Paris en 2000, deux concept-cars présentés séparément en 1997 avaient déjà donné un aperçu — trompeur pour l'un, prophétique pour l'autre — de ce que pourrait devenir la remplaçante d'Issigonis. Tous deux naissent de la même « guerre des studios » qui oppose, en coulisses, les équipes de style de Rover (Gaydon, Royaume-Uni) et de BMW (Munich, Allemagne) entre 1993 et 1996 — voir le récit complet de cet affrontement dans 1995-2001 — le développement conflictuel de la nouvelle Mini entre Rover et BMW.

Spiritual et Spiritual Too : la vision britannique, radicale et finalement écartée

Lancé dès 1993 par les designers David Woodhouse et Oliver Le Grice sous la direction de David Saddington (directeur du style MG et Mini chez Rover), le projet Spiritual imagine une Mini repensée de fond en comble : moteur trois cylindres à plat, monté sous la banquette arrière, entraînant les roues arrière — une architecture aux antipodes de la traction avant fondatrice d'Issigonis. Présentée au Salon de Genève 1997 aux côtés d'une version cinq portes, la « Spiritual Too », vendue par le communiqué de presse Rover de l'époque comme « une authentique familiale quatre places dans un gabarit de 3,1 mètres » (soit la longueur de la Mini originelle), l'idée pousse à l'extrême la logique fondatrice de 1959 : offrir un minimum d'encombrement pour un maximum d'habitabilité, dans un contexte anticipé de villes plus denses et de carburant plus cher. Le communiqué insistait d'ailleurs, à l'époque, sur le fait que ces concepts n'étaient pas présentés comme « la nouvelle Mini » mais comme une réflexion prospective libre — une prudence de communication qui n'empêchera pas l'équipe Rover de repartir de la présentation d'octobre 1995 convaincue, à tort, d'avoir emporté la décision.

ACV30 : la préfiguration du parti pris retenu par BMW

Présenté comme prototype roulant au Rallye Monte-Carlo 1997 (30 ans après la victoire historique de la Mini Cooper S sur cette épreuve en 1967, d'où son nom), l'ACV30 est un coupé compact à moteur central, à la silhouette délibérément inspirée du passé sportif de la marque. Officiellement présenté comme un exercice de style Rover, il est en réalité l'œuvre du designer Adrian van Hooydonk, alors chez BMW — un fait resté longtemps peu connu du grand public. BMW dément à l'époque, de façon catégorique, que l'ACV30 préfigure la nouvelle Mini annoncée pour l'automne suivant à Francfort ; l'histoire donnera pourtant largement raison à son parti pris esthétique (formes tendues, habitacle inspiré du concept), très proche de l'univers visuel qui sera retenu pour la R50. Van Hooydonk poursuivra une carrière déterminante pour la marque : nommé responsable du style BMW en 2009 puis de l'ensemble du style du groupe BMW, il supervisera indirectement toutes les générations de Mini à partir de la troisième (F56).

Une décision prise en catimini le 17 octobre 1995

Le sort des deux visions se joue lors d'une présentation à huis clos au Heritage Motor Centre de Gaydon, le mardi 17 octobre 1995, où les équipes britannique et allemande confrontent leurs propositions grandeur nature devant la direction de BMW. Le camp Rover, convaincu d'avoir suscité l'adhésion, découvre dans les semaines suivantes que la décision a en réalité penché en faveur de l'approche munichoise — déclenchant, en interne, une note de service cinglante des équipes marketing de Rover qualifiant la proposition allemande (nom de code E50) de conçue « la forme d'abord, la technique ensuite », jugée à peine supérieure à la moyenne et dépourvue de la radicalité qui avait fait le succès de la Mini originelle.

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Provenance de cette fiche
Site source
motoringfile.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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