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§ 09 · Conduite

La Ro 80 face à la presse — comparatifs contre Citroën DS, BMW et Jaguar (1968-1974)

NSU Ro 80 · 1967–1977 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Tout au long de sa carrière, la Ro 80 a fait l'objet d'une attention soutenue de la presse automobile européenne et nord-américaine, qui l'a régulièrement confrontée à ses concurrentes les plus prestigieuses — un traitement rare pour une berline d'un constructeur aussi modeste que NSU, mais révélateur de l'aura technique que la voiture avait su se construire dès son lancement (voir Le lancement de la Ro 80 à Francfort (septembre 1967) et son accueil).

Une comparaison qui tourne à l'avantage inattendu de la Ro 80

En 1973, le magazine britannique CAR organise un comparatif à trois entre la Ro 80, la Citroën DS 23 et la BMW 520 — une confrontation entre trois philosophies de la berline haut de gamme radicalement différentes (traction avant à moteur rotatif germanique, hydropneumatique à la française, berline sportive bavaroise conventionnelle). L'année suivante, en 1974, le même magazine renouvelle l'exercice en opposant cette fois la Ro 80 à la BMW 525 et à la longue Jaguar XJ6L Série II : les essayeurs, tout en reprenant les critiques habituelles sur l'austérité de la présentation intérieure de la NSU (jugée trop dépouillée selon les canons britanniques du luxe automobile), doivent concéder que l'habitabilité de la Ro 80 dépasse même celle de la Jaguar à empattement long — un résultat obtenu grâce à un plancher entièrement plat et une conception de caisse d'une efficacité d'usage de l'espace remarquable (voir Un châssis en avance sur son moteur — suspension, freins et direction de la Ro 80).

Des essais longue durée qui documentent une fiabilité en progrès

Au-delà des comparatifs ponctuels, plusieurs titres britanniques mènent des essais de longue durée qui permettent de documenter, dans le temps, l'évolution réelle de la fiabilité du moteur Wankel : Autocar publie ainsi, en août 1972, un rapport final après 23 000 miles parcourus sans défaillance majeure, tandis que le magazine Motor publie en septembre 1974 un rapport à 20 000 miles cosigné par Roger Bell et Anthony Curtis — des témoignages qui, sans effacer le souvenir des débuts industriels catastrophiques (voir La crise des joints d'apex — quand la garantie de la Ro 80 a failli couler NSU), suggèrent que les correctifs apportés à partir de 1970 avaient bien porté leurs fruits sur les exemplaires les plus récents. Un essai plus tardif, republié dans la revue Classic Car en 1987 sous le titre évocateur « Smoky Rotaries », rappelle cependant que la question de la fiabilité du moteur rotatif restait un sujet sensible longtemps après l'arrêt de la production.

Le jugement unanime sur le potentiel gâché

Le trait commun à la quasi-totalité de ces essais, qu'ils soient élogieux ou critiques sur tel ou tel point de détail, reste la reconnaissance du potentiel exceptionnel de la voiture : le magazine américain Popular Science, dès son test de septembre 1967, salue une architecture radicalement moderne, et le magazine américain TIME consacre dès septembre 1967 un article à ce qu'il qualifie de « pari Wankel ». Cette unanimité de façade sur les qualités intrinsèques de la voiture, doublée d'une intranquillité persistante sur son moteur, résume assez bien le paradoxe qui a marqué toute la carrière commerciale de la Ro 80 (voir La Ro 80, voiture d'un futur qui n'a jamais eu lieu — regard rétrospectif).

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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